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PLUS USA: La problématique de la valorisation des actifs |
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| Posté le 20/02/2008 à 16h04 |
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David Reilly, THE WALL STREET JOURNAL Credit Suisse a annoncé mardi qu'il allait enregistrer 2,85 milliards de dollars de dépréciations d'actifs liées à des instruments financiers affectés par la crise du marché du crédit, à peine une semaine après avoir déclaré aux actionnaires qu'il avait échappé au pire de la crise financière. Cette volte-face met en évidence le problème qu'ont les groupes - même ceux qui sont supposés être des experts financiers - pour valoriser leurs actifs. La difficulté réside en partie dans le recours de plus en plus fréquent aux valorisations de marché pour déterminer le prix d'actifs que les groupes ne vendent pas nécessairement. La crise de la dette, qui a entraîné un blocage de segments importants de marchés et fait que les fonds se sont retrouvés sans aucun prix de référence pour évaluer leurs actifs, a rendu cette approche particulièrement difficile à appliquer. Le débat sur la meilleure manière d'évaluer les actifs n'est pas que théorique. Les grands groupes financiers ont enregistré plus de 150 milliards de dollars de pertes, dues notamment au recours à la valorisation de marché pour évaluer leurs actifs. Par ailleurs, la Securities and Exchange Commission et la justice fédérale mènent une enquête afin de déterminer si certains groupes ont appliqué différentes valorisations aux mêmes titres, selon qu'ils étaient détenus par les groupes en question ou par leurs clients. Tout le monde reconnaît que l'utilisation de la valorisation de marché présente des problèmes potentiels, surtout en période de tension extrême sur les marchés. Mais les défenseurs de cette approche font remarquer qu'elle permet de ne pas perdre de vue certaines réalités, même imparfaites. Les autres méthodes de valorisation ont aussi leurs inconvénients. Le fait de fonder la valeur d'un actif sur son coût ne permet pas forcément de donner aux investisseurs une idée de l'ampleur des problèmes auxquelles sont actuellement exposées les institutions financières. Le fait d'estimer des actifs en fonction de modèles tenant compte de leur valeur à long terme, plutôt que de leur valeur actuelle, laisse la porte ouverte aux abus. Cela a par exemple permis à Enron Corp. d'enregistrer des bénéfices qui n'existaient pas. Même lorsqu'elle est utilisée correctement, l'approche utilisant la valorisation de marché peut se révéler problématique, car en essayant de refléter la perception des investisseurs, la réalité économique sous-jacente peut être ignorée, observe Damon Silvers, conseiller pour le syndicat américain AFL-CIO, qui critique depuis longtemps le recours croissant à cette méthode. Par ailleurs, cette approche "traite tous les actifs d'une entreprise en activité comme s'ils étaient constamment en vente", ce qui ne reflète pas la réalité, ajoute-t-il. Cette approche présente un autre problème pour les investisseurs. Elle leur impose de penser différemment pour ce qui est des instruments de la dette et des emprunts, en les considérant comme des actions dont la valeur peut changer radicalement d'un jour à l'autre ou d'un trimestre à l'autre. Plus embêtant, les dépréciations d'actifs d'aujourd'hui pourraient se transformer en réévaluation à la hausse demain, en cas de changement au niveau des valorisations. Il s'agit d'une possibilité que les groupes ont déjà signalée. Un jour après avoir annoncé ses pertes, AIG a ainsi déclaré aux investisseurs que celles-ci pourraient ne pas être réelles et que les instruments dont la valeur a été revue en baisse pourraient finalement valoir beaucoup plus. -David Reilly, The Wall Street Journal (END) Dow Jones Newswires February 20, 2008 09:54 ET (14:54 GMT)
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