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PLUS USA: Les assureurs tardent à passer des dépréciations |
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| Posté le 29/05/2008 à 15h50 |
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Michael Rapoport, DOW JONES NEWSWIRES NEW YORK (Dow Jones)--Banques et maisons de courtage ont admis l'impact de la crise des crédits et passé des dépréciations sur des milliards de dollars de titres. En revanche, certains assureurs semblent adopter une autre approche. Les compagnies d'assurance détiennent des titres d'emprunts hypothéquaires à surprime et d'autres investissements risqués tout comme les banques. Cependant, à l'inverse des banques, les assureurs n'ont enregistré que des dépréciations d'actifs modestes sur ces titres, préférant comptabiliser leurs pertes de façon à éviter de passer des dépréciations qui affecteraient leurs résultats. Les assureurs tels que MetLife Inc. (MET), Allstate Corp. (ALL) et Hartford Financial Services Group Inc. (HIG) ont ainsi comptabilisé une grande partie de la perte de valeur de leurs investissements en moins-value latente. Au cours des deux derniers trimestres, MetLife a ainsi enregistré 5,2 milliards de dollars supplémentaires en moins-value latente contre seulement 259 millions millions de dollars en dépréciations d'actifs tandis qu'Allstate a ajouté 2,8 milliards de dollars de moins-value latente contre 541 millions de dollars de dépréciations. Hartford a affiché, pour sa part, 3,6 milliards de moins-value latente et 622 millions de dollars de dépréciations. En d'autres termes, ce que disent les compagnies d'assurances, c'est que la majeure partie de leurs pertes sur investissements sont seulement temporaires et que la situation va se rétablir, bien que certaines de ces pertes persistent depuis déjà plusieurs mois. La stratégie des assureurs est parfaitement légale en termes comptables, et certains d'entre eux considèrent qu'elle reflète la nature même de leur activité, qui nécessite une perspective à long terme sur actif et passif et les rend moins réactifs que les banques ou les sociétés de titres pour déprécier leurs investissements. Mais cela peut suggérer, si tel est le cas, que les compagnies d'assurances ont plus de latitude quant au moment de comptabiliser les pertes que ce qui serait souhaitable pour les investisseurs. On peut, en outre, en déduire que les assureurs pourraient avoir à faire face à de mauvaises nouvelles si leurs investissements ne regagnent pas de la valeur, et être finalement contraints de passer des dépréciations qui pèseraient sur leurs résultat futurs. Les assureurs "ont toujours traîné les pieds lorsqu'il s'agit de constater des moins-values sur des titres à revenu fixe", note Jack Ciesielski, éditeur de la lettre d'information spécialisée The Analyst's Accounting Observer. Les sociétés du secteur financier regimbent certes à déprécier des titres de crédit risqués, mais il semble que ce soit une spécialité pour laquelle les assureurs ne puissent être détrônés. A fin 2007, le secteur des assurances a ainsi comptabilisé des moins-values latentes près de deux fois supérieures à celle du secteur qui le suivait au classement, selon les données compilées par David Zion, analyste comptable chez Credit Suisse. Sur les dix sociétés enregistrant les plus fortes moins-values latentes, cinq étaient assureurs. Si les assureurs plus que les banques à passer des dépréciations, c'est qu'ils sont tenus, de par leur activité, de gérer un passif qui peut prendre des dizaines d'années à être rembourser. Un contrat d'assurance-vie souscrit aujourd'hui peut en effet ne pas nécessiter de remboursement avant trente ou quarante ans, voire davantage. Du point de vue des assureurs, il est tout à fait naturel d'adopter une approche à long terme vis-à-vis des actifs qu'ils détiennent de façon à honorer ces engagements. Une telle approche peut, en outre, conduire les assureurs à opter pour une vision à plus long terme quant au délai nécessaire pour qu'un investissement récupère de pertes "temporaires" avant que les compagnies ne jugent indispensable de passer des dépréciations. Il n'est pas surprenant dans ce contexte que les assureurs classent la majeure partie de leurs portefeuilles non pas comme titres de transaction mais comme titres susceptibles de vente, ce qui leur offre une plus grande flexibilité. -Michael Rapoport, Dow Jones Newswires (END) Dow Jones Newswires May 29, 2008 09:40 ET (13:40 GMT)
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