«Fin de crise dans l'aéronautique» c'est en substance ce que l'ensemble de la presse titre, au lendemain de la fin du salon aéronautique de Farnborough en Angleterre. Il restera ouvert jusqu'à dimanche pour accueillir le public. Près de 29 milliards d'euros ont été engrangés par les constructeurs d'avions, équipementiers et autres acteurs venus en nombre à ce salon. C'est beaucoup moins que les 88 milliards contractés en 2008 à la veille de l'éclatement de la crise des subprimes, mais c'est beaucoup plus que les 7 milliards affichés au salon du Bourget il y a un an.

«Mesdames et messieurs, la récession est terminée»
a lancé John Leahy, directeur des ventes chez Airbus. «Il semble que nous ayons passé un tournant et que c'est pour cela que nous voyons une forte croissance» a-t-il ajouté. Il estime que l'embellie qui s'amorce est stimulée par le retour des liquidités sur le marché. Airbus indique avoir signé pour 13,2 milliards de dollars de commandes fermes pour 133 appareils, et pour 15 milliards de «protocole d'accord». Les dirigeants du constructeur paneuropéen se sont félicités et ont été jusqu'à revoir leur prévision de vente pour 2010 à 400 appareils contre 300 auparavant.

Boeing, de son côté, évoque le chiffre de 12,8 milliards de dollars de commandes fermes. Les deux Titans de l'aéronautique auront surtout vendu des moyens-courriers de type A320 et B737. Embraer (lire notre dossier spécial en cliquant ici) et le russe Sukhoï font leur percée avec leurs avions régionaux dits courts-courriers. Embraer, troisième constructeur mondial, aura signé pour 7,9 milliards de dollars de commandes, alors qu'il réalise un chiffre d'affaire annuel d'environ 6 milliards. Bombardier est déçu de n'avoir pas pu vendre son CSéries, avion monocouloir de type moyen-courrier. Celui-ci ne sera mis en service qu'à partir de 2013.

Pour Scott Hamilton de Leeham Company, cité par Reuters, «les commandes ont dépassé les attentes (…) l'économie reprend plus vite pied que nous le pensions».