Airbus fait durer le suspense sur son A320. Le comité de direction de l'avionneur, qui s'est réuni mardi dernier à Toulouse pour examiner l'avenir du moyen-courrier, a décidé de prolonger le délai de réflexion, affirment ce matin Les Echos. «La question n'est pas tranchée ; elle le sera d'ici à la fin de l'année», a confirmé un porte-parole d'Airbus, cité par le journal.

Depuis son lancement à la fin des années 1980, l'A320 (avec ses dérivés A318, A319 et A321) a été écoulé à 6700 exemplaires, ce qui en fait le deuxième avion le plus vendu au monde. L'enjeu est donc de taille pour Airbus qui sait qu'il va devoir affronter une concurrence de plus en plus vive sur ce segment, de la part de Boeing mais aussi de constructeurs émergents comme le brésilien Embraer ou le canadien Bombardier. Le marché des moyens courriers devrait représenter un chiffre d'affaires de plus de 1 500 milliards de dollars dans les vingt prochaines années, d'après les prévisions des constructeurs.

Les coûts de développement d'un nouvel avion étant trop élevés, le groupe s'oriente davantage vers un « lifting » de l'A320, avec le développement d'un nouveau moteur pour 2015. Mais là aussi, le groupe se heurte à certains obstacles. «Plus que le coût financier, estimé à 1,3 milliard d'euros, c'est le manque d'ingénieurs qualifiés qui pourrait conduire Airbus à renoncer à remotoriser son best-seller», indiquent Les Echos.

Heureusement pour Airbus, Boeing devrait lui aussi reporter sa décision à l'an prochain s'agissant de la remotorisation de son B737.

Vers 10h50, l'action EADS cède 0,45% à la Bourse de Paris, en ligne avec le CAC 40.