Dans un marché parisien qui avait besoin de se rassurer, les chiffres publiés hier par EADS et aujourd’hui Iliad (Free) tombent à pic. Les deux groupes qui n’ont en commun que le fait d’être nés à peu près au même moment, au début des années 2000, ont annoncé des résultats en forte croissance pour l’année écoulée.

Le premier a fait état d’un chiffre d’affaires en hausse de 15% en 2012 à 56,5 milliards d’euros, grâce au record de livraisons de sa filiale Airbus, et d’un bénéfice net en hausse de 19% à 1,2 milliard. Même si le cours de l’euro constitue une source d’incertitudes pour ses revenus futurs, EADS promet de doubler sa marge opérationnelle d’ici 2015, ce qui montre ses ambitions sur un marché aéronautique en plein essor. Le titre, qui vient de prendre 10% en deux séances, a clôturé jeudi à 39 euros, son plus haut niveau. Il vaut deux fois plus cher que lors de son introduction en bourse, il y a douze ans.

Iliad, lui, a publié un chiffre d’affaires en hausse de 50% à 3 milliards d’euros grâce au succès phénoménal de Free Mobile. En l’espace d’un an, l’opérateur a raflé 8% du marché français, soit 5,2 millions de clients. Et il ne compte pas s’arrêter là. A terme, Free Mobile vise une part de marché de 15 à 25%. Il n’est pas étonnant que la bourse salue ces chiffres, même si la question de la rentabilité de la nouvelle activité reste entière. Il faudra attendre le 19 mars et la publication des résultats détaillés d’Iliad pour en savoir plus sur ce point. En attendant, le titre a lui aussi touché un nouveau plus haut à 150 euros en séance, soit une hausse de 50% depuis un an. Avec une capitalisation boursière de 8,4 milliards d’euros, Iliad « pèse » désormais plus lourd que Bouygues (7 milliards) mais reste loin derrière France Telecom (19,6 milliards)…mais aussi EADS (32,4 milliards).