Annoncée en février, la fusion entre American Airlines et US Airways avait été suspendue par le ministère de la Justice américain. Ce dernier avait engagé en août une procédure pour faire avorter le projet, estimant qu’il réduisait la concurrence dans le secteur.

Les deux compagnies ont finalement trouvé un terrain d’entente avec les autorités, en s’engageant à réduire leur présence dans un certain nombre d’aéroports. D’après l’agence Dow Jones Newswires, les deux transporteurs vont céder des créneaux à l'aéroport Reagan National, près de Washington, ce qui réduira le nombre total de départs quotidiens des deux groupes à partir de cet aéroport d'environ 15%. Ils cèderont aussi des créneaux à l'aéroport LaGuardia de New York, ce qui se traduira par une diminution d'environ 7% des services proposés dans cet aéroport. Les deux sociétés ont par ailleurs accepté de renoncer à deux portes d'embarquement dans chacun des principaux aéroports de Chicago, Los Angeles, Dallas, Boston et Miami.

« En assurant une meilleure présence aux compagnies à bas coûts sur les principaux aéroports des Etats-Unis, cet accord assure aux passagers des compagnies aériennes plus de concurrence sur les liaisons directes ou en correspondance », a commenté le ministre américain de la justice, Eric Holder. Les deux compagnies n’ont en revanche pas modifié le montant des synergies attendues de la fusion, estimé à 1,5 milliard de dollars d’ici 2015.

Un concurrent de taille

La fusion, qui doit encore être validée par un tribunal fédéral, devrait être finalisée en décembre. Elle donnera naissance au premier transporteur américain et à un nouveau poids lourd mondial, qui pèsera 11 milliards de dollars en Bourse. Ce rapprochement était nécessaire en particulier pour American Airlines placée sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites en novembre 2011. Il conclut un cycle de consolidation du secteur aérien américain, qui a vu ces dernières années la fusion de Delta Airlines et Northwest Airlines, de United Airlines et Continental Airlines, et de Southwest Airlines et Airtran. En Europe, British Airways a notamment fusionné avec la compagnie espagnole Iberia pour former IAG, Air France s'est rapprochée de la néerlandaise KLM et l'allemande Lufthansa a racheté Swiss, Austrian et Brussels Airlines.

Ensemble, American et US Airways afficheront une flotte d'environ 1.530 appareils et un chiffre d'affaires combiné de 38,7 milliards de dollars en 2012, légèrement supérieur à ceux de United Continental (37,15 milliards) et Delta (36,7 milliards). En termes de chiffre d’affaires, la nouvelle compagnie devrait être au coude à coude avec Lufthansa.

L'action AMR (American Airlines) bondissait de 18,2% mardi dans les échanges après-bourse tandis qu’US Airways perdait 1,3%. A Paris, le titre d’Air France-KLM réagit peu ce matin (+0,1%).