S’exprimant lors de la huitième Convention du Centre des professions financières qui s’est déroulée mardi 19 novembre, Olivier Zarraouati, président du directoire de Zodiac Aérospace a déploré la relation à géométrie variable entretenue entre sa société et le secteur bancaire.
Ayant un club deal de 1,3 milliard d’euros d’une maturité de trois à quatre ans, l’équipe de management doit régulièrement rouvrir les renégociations avec les banques. « Depuis 2007, plusieurs rounds de renouvellement se sont déroulés. Des évolutions importantes reflétant les évolutions de l’économie mondiale ont eu lieu sur le plan de l’offre, du processus de prise de décisions, et de l’agressivité des banques ».
S’étant retrouvée en 2008-2009, dans une situation tendue avec un accès au financement bancaire plus difficile face à une conjoncture compliquée, les conditions d’octroi de crédit proposées se sont desserrées lorsque l’économie a commencé à aller mieux trois ans plus tard. « Il est dommage en cela que la profession bancaire reproduise, en les amplifiant, les effets de conjoncture alors que l’on aurait espéré un lissage de ces effets par l’assurance d’un approvisionnement des ressources en tout état de cause ».

Le besoin de procéder à une diversification des sources de financement

De manière à se donner plus de confort dans le développement de ses projets industriels, Zodiac Aerospace s’est lancée dans un processus de diversification de ses sources de financement cette année. « Un paramètre important dans le financement est celui de la durée. Nous finançons des programmes qui trouvent leur équilibre financier sur des décennies. Aussi, nous nous sommes tournés vers le placement privé qui offre une longue visibilité et obtenu 660 millions d’euros des deux cotés du Rhin» précise Olivier Zarraouati.
L’opération s’est faite avec une relative simplicité, concède le président. La société qui avait initialement prévu de lever 200 millions d’euros en Allemagne a été en mesure de collecter 535 millions d’euros. « La demande a été forte car nous sommes dans un secteur connu, celui de l’aéronautique et que nous avons une dimension mondiale. Nous sommes de plus sur une industrie rentable. Comme, la planète est encore dans une phase d’équipements et non de renouvellement et que le PIB mondial continue de croitre nous ne sommes que marginalement touchés par la faiblesse de la croissance dans la zone euro » explique Olivier Zarraouati.
«Nous n’aurions certainement pas eu le même si nous avions été une entreprise de taille intemédiaire française opérant en France sur des produits très domestiques» concède ce dernier.

Une vulnérabilité liée aux fournisseurs

« Lorsque nous livrons des produits, ce sont des assemblages de plusieurs composants que nous achetons à des entreprises plus petites. Il est possible que nous soyons par des effets collatéraux victime des difficultés de refinancement de petites entreprises locales qui font partie intégrante de la chaine de production » avance Olivier Zarraouati.
Plusieurs raisons peuvent amener une petite entreprise à connaitre des difficultés de refinancement. Celles-ci peuvent être fondées, comme l’absence de garantie de visibilité ou de rentabilité. D’autres sont plus discutables, comme une croissance jugée insuffisamment robuste.
« Pour atténuer le risque de défaut de paiement d’un de nos fournisseurs, nous avons élargi de six mois notre visibilité à l’ensemble des preneurs de décision. Nous ne sommes pas néanmoins pas à l’abri d’un incident. Une de nos attentes est que le plus grand nombre possible de nos fournisseurs arrivent à trouver le confort dont ils besoin dans leur refinancement pour nous permettre d’exercer notre activité avec une plus grande aisance » conclut alors Olivier Zarraouati.

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