Safran et Zodiac Aerospace tiennent bon. Les deux groupes ont confirmé mercredi leur projet de rapprochement mais son montant est revu à la baisse en raison du "profit warning" publié fin avril par Zodiac Aerospace. "A la suite des communications des 14 mars et 28 avril 2017, Safran et Zodiac Aerospace ont poursuivi leurs négociations exclusives permettant d’aboutir à un nouvel accord, articulé autour d’une structure simplifiée et de nouveaux termes financiers. Les analyses complémentaires réalisées par Safran ont permis de confirmer la forte logique stratégique et le potentiel de création de valeur de l’opération", peut-on lire dans un communiqué paru mardi à la mi-journée.

Safran propose désormais 25 euros par action Zodiac Aerospace, contre 29,47 euros précédemment, soit une décote de près de 20%. Vers 17h la cotation des deux équipementiers était toujours suspendue à la bourse de Paris.

Les conseils d'administration des deux groupes ont approuvé "à l'unanimité" l'offre révisée. "Nous recommandons fortement à nos actionnaires de voter en faveur des résolutions relatives à l’opération lors de notre prochaine assemblée générale", le 15 juin, a indiqué Ross McInnes, Président du Conseil d’Administration de Safran. Ce dernier se veut rassurant sur la capacité du groupe à mener à bien cette acquisition dans une période cruciale pour Safran, qui doit gérer la montée en cadence de son nouveau moteur LEAP.

Les difficultés de Zodiac Aerospace dans sa branche Equipements Intérieurs ont quant à elles fait plonger le résultat opérationnel du groupe au premier semestre de son exercice 2016-2017 et entraîné un nouveau "profit warning" – le neuvième en deux ans. Le redressement du groupe est "plus lent qu’initialement anticipé", reconnaît Safran, tout en estimant pouvoir rentabiliser son investissement à un horizon de 3 ou 4 ans. "L’opération devrait avoir un effet relutif sur le résultat net par action proche de 10% dès la première année et supérieur à 15% dès la deuxième année", grâce à des synergies de coûts estimées à 200 millions d'euros par an, précise le groupe. 

La famille Peugeot apportera ses titres

L'offre sera lancée vraisemblablement au deuxième semestre pour une finalisation prévue "début janvier 2018". Safran vise 100% du capital de son compatriote mais se contentera de 51%, le cas échéant. Reste à convaincre les actionnaires familiaux de Zodiac Aerospace, qui risquent d'avoir du mal à accepter la réévaluation à la baisse de leur entreprise. Pour l'heure Safran a réussi à sécuriser 25% du capital sur la foi des engagements d'une partie de ces actionnaires familiaux ainsi que deux actionnaires institutionnels : FFP, la holding de la famille Peugeot, et le Fonds Stratégique de Participations. 

A noter que les actionnaires de Zodiac pourront opter, à titre subsidiaire et pour une partie seulement du capital, pour une offre d'échange à raison de 0,300 ou 0,332 action de préférence Safran contre une action Zodiac. Les actions de préférence ouvrent les mêmes droits que les actions ordinaires Safran mais sont incessibles pour une durée de 3 ans à compter du règlement livraison.

L'opération doit donner naissance à un géant de plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires, numéro deux mondial des équipements et moteurs aéronautiques. Il regrouperait 92.000 salariés, dont 45.000 en France.