Et si la star du Bourget version 2017 était un moteur ? LEAP le moteur de nouvelle génération développé par Safran et General Electric au sein de leur coentreprise CFM International, semble en tout cas bien parti pour rafler un maximum de commandes lors de cette nouvelle édition du grand rendez-vous aéronautique parisien.

Au deuxième jour du salon le groupe a déjà engrangé pour plus de 10 milliards de dollars de commandes sur les différentes versions de son produit (LEAP-1A destiné à l'Airbus A320neo, LEAP-1B pour le Boeing 737 MAX et LEAP-1C pour le C919 du chinois Comac). La dernière en date provient de la compagnie China Eastern Airlines qui a annoncé mardi vouloir équiper 70 A320neo de moteurs LEAP. La commande, qui inclue un contrat de maintenance de 15 ans, se monte à 3,2 milliards de dollars. Sa compatriote China Southern a quant à elle placé une commande de 1,5 milliard de dollars pour équiper 50 appareils.

Plusieurs sociétés de leasing ainsi que la compagnie européenne IAG ont fait des annonces similaires. Les commandes sont également tractées par le nouveau Boeing 737 MAX 10 dévoilé au premier jour du salon et qui se pose en rival de l'A320neo. Ce moyen-courrier qui doit entrer en service en 2020 ne prévoit pas d'autres motorisation que le LEAP 1B.

Successeur du « best-seller » CFM56, le LEAP promet une réduction de 15% de la consommation de carburant des avions ainsi qu'une diminution sensible du niveau sonore et des rejets de polluants. A fin avril CFM avait reçu plus de 12500 commandes pour son nouveau moteur, entré en service l'année dernière. Il dispose désormais d'une sérieuse avance sur ses concurrents (Pratt&Whitney, Rolls Royce).

Mais ce succès commercial est aussi un défi pour l'équipementier en termes de de production. "S'adapter aux fortes cadences des avionneurs représente pour Safran Aircraft Engines et pour CFM un challenge industriel historique", reconnaît Safran. L'objectif est de passer d'une production de 100 moteurs LEAP en 2016 à 500 en 2017 et plus de 1000 en 2018. Pour ce faire Safran a investi dans deux nouvelles lignes d'assemblage sur son site de Villaroche en région parisienne ainsi que dans plusieurs usines de pièces en France et aux Etats-Unis. Cependant cette montée en puissance ne se fait pas sans accroc : début mai Boeing a dû suspendre les vols d'essai du 737 Max suite à un problème de qualité sur une pièce du moteur LEAP 1B. Safran a promis de régler le problème au plus vite en indiquant que cela n'aurait pas d'impact sur le calendrier de livraison. Le groupe est bien placé pour savoir que les retards se paient cash dans le secteur. Ils ont notamment fait chuter les bénéfices de Zodiac Aerospace, sur lequel Safran s'apprête à lancer une offre de rachat.