Les actionnaires d'Air France-KLM ont approuvé à une large majorité lundi l'entrée au capital du groupe des compagnies américaine Delta Airlines et chinoise China Eastern, à hauteur de 10% chacune. Les résolutions ont été adoptées à 94 et 95%, respectivement, avec le soutien de l'Etat français, principal actionnaire du groupe.

Deux augmentations de capital réservées seront lancées dans les prochaines semaines, pour un montant total de 751 millions d'euros. Le prix de souscription, 10 euros, représente une décote de près de 25% sur le dernier cours, alors que le titre a rebondi de 150% depuis le début de l'année.

Cette opération doit permettre d’améliorer la structure financière d’Air France-KLM, d’accélérer la réduction de son endettement net mais aussi de financer le rachat de 31% de Virgin Atlantic, la compagnie du milliardaire britannique Richard Branson, pour un montant de 220 millions de livres (environ 245 millions d'euros). "Grâce à ces nouveaux accords, Air France KLM pourra devenir le pilier européen d'un ensemble inégalé de partenariats commerciaux et capitalistiques entre l'Europe, l'Amérique du Nord et la Chine", a déclaré le PDG d'Air France-KLM Jean-Marc Janaillac, en présentant l'opération.

A travers ces alliances, l'objectif du groupe franco-néerlandais est de reprendre la main sur le marché hautement concurrentiel des liaisons transatlantiques attaqué depuis un an par des compagnies low-cost long-courrier ainsi qu'en Asie, où les compagnies du Golfe font un malheur.

Les principaux syndicats du groupe ont approuvé l'opération. "Même s'il s'agit
bien d'un rachat d'une part de l'entreprise par des opérateurs étrangers et donc d'une perte d'autonomie dans la gouvernance du groupe Air France KLM, cette opération est susceptible de lui permettre de revenir dans la cour des acteurs majeurs du transport aérien", a estimé la CFDT.

Jean-Marc Janaillac a également répondu aux inquiétudes sur une prise de contrôle de la compagnie, à terme. Selon lui "les peurs de pertes d’indépendance d’Air France-KLM complètement injustifiées", cette opération visant au contraire à mettre la compagnie "à l'abri de tiers potentiellement contraires à ses intérêts stratégiques". Delta et China Eastern prendront bel et bien part aux décisions stratégiques, puisqu'elles nommeront chacune un nouvel administrateur. Et d'ici deux ans, les deux actionnaires bénéficieront de droits de vote double en vertu de la loi 'Florange', à condition cependant de ne pas dépasser le seuil de 10% du capital pendant cinq ans et de ne pas non plus céder leurs participations. Ils auront alors autant de poids, à eux deux, que l'Etat français.