Le groupe agroalimentaire Bonduelle présente de bons résultats pour le compte de l'exercice 2009-2010 avec une progression de 2,3% de son chiffre d'affaires, dont une «accélération franche» au second semestre. En revanche, c'est pour l'exercice 2010-2011 que la situation se complique pour Bonduelle. Ce dernier a averti qu'il s'attend à un exercice «difficile», «en l'absence de reprise nette de la consommation dans les pays matures», et du fait «des incertitudes du climat économique dans les pays d'Europe Centrale et Orientale particulièrement en Russie». Ainsi, le groupe table sur une «progression du chiffre d'affaires limitée à l'intégration en année pleine de France Champignon et une baisse sensible mais non récurrente de la rentabilité opérationnelle sur l'exercice 2010-2011».


La mauvaise météo ne fait pas les affaires de Bonduelle

L'avertissement n'a pas été pris à la légère par les marchés. Ce mardi vers 15h45, le titre Bonduelle décrochait de plus de 9%, à 62,23 euros, à la bourse de Paris. Pour autant, c'est bel et bien le cumul d'événements exogènes, qui laisse prévoir une année morose l'an prochain. Les conditions climatiques ont fait des dégâts durant l'été 2010 pour les cultures de légumes, que ce soit dans le Nord de la France, en Russie ou en Hongrie, du fait de trop fortes chaleurs ou pluies et grêles. Les mauvaises conditions météo ont entraîné une augmentation des coûts de production. Les «mauvaises récoltes, tant en volume qu'en qualité, ont eu pour conséquence une sous-utilisation des outils de production et pourraient se traduire par des ruptures d'approvisionnement dans certaines gammes de produits au printemps 2011. Des surcoûts inévitables impacteront négativement les marges», a prévenu Bonduelle. Pour 2010, l'entreprise prévoit des programmes de production «réduits», alors que pour 2011 ils devraient être élevés dans un contexte où les stocks devraient atteindre un plus bas en juin 2011. Dans ce secteur, actuellement l'industrie est dans une situation de surstocks. Sur l'exercice 2010-2011, Bonduelle terminera l'assainissement de ses stocks.

Pour parer aux intempéries, Bonduelle s'organise. Le groupe français a mis en service l'usine de Cristalina au Brésil, avec une production de conserves de pois et de maïs doux. Le climat brésilien devrait permettre au groupe de faire fonctionner son usine douze mois sur douze. Pour 2010-2011, Bonduelle prévoit une accélération du développement de sa marque de conserves haut de gamme Cassegrain, mais aussi un développement de Bonduelle Vapeur en conserve, gamme lancée il y a un an. L'intégration de France Champignon, racheté en avril dernier par Bonduelle, devrait se traduire par des synergies de coûts et de développement avec un caractère relutif dès l'exercice 2010-2011. Bonduelle réalise une restructuration et une modernisation de France Champignon, en arrêtant le système de caves et en déployant un système de coupe mécanique des champignons.


Bonduelle en chiffres

En 2010, le chiffre d'affaires a surtout augmenté hors Europe (+5%, contre +1,5% en Europe), zone qui représente 25% des ventes du groupe. Après l'importante inflation des produits alimentaires en 2008, en 2009-2010 les prix unitaires ont baissé, a rappelé le groupe. Dans un contexte de consommation «fragile et faible en volume», sur l'exercice 2009-2010 clos fin juin, Bonduelle a dégagé un chiffre d'affaires de 1,56 milliard d'euros, contre 1,52 milliard durant l'exercice précédent. Le résultat opérationnel annuel a dépassé les 100 millions d'euros pour la première fois de son histoire, en augmentant de 2,5% sur un an, tandis que la marge opérationnelle courante est ressortie à 6,7% du chiffre d'affaires, à 104,5 millions d'euros. La rentabilité opérationnelle du groupe a été soutenue par des «baisses de frais généraux et des changements de périmètres». La zone «hors Europe reste trois à quatre fois plus rentable que les activités européennes», a souligné Christophe Bonduelle, PDG du groupe.

Dans le détail, l'activité légumes en conserve (qui représente 50% des ventes totales) a crû de 2,9% sur un an, l'activité légumes surgelés de 1,2%. La vraie surprise vient des produits Frais et Traiteur qui se sont sortis en premier de la crise, a expliqué Bonduelle. L'activité légumes frais élaborés a progressé de 2,4%, ce qui manifeste un «dynamisme des marchés en France, en Allemagne et en Italie». L'activité de salades 4ème gamme, autrement dit les salades en sachet, a connu de bonnes performances, malgré les conséquences de l'incendie qui a détruit le principal site de production en Italie. La mise en service de la nouvelle usine de San Paolo d'Argon est prévue pour le printemps 2011.

Au final, Bonduelle envisage une «amélioration sensible de ses résultats» pour l'exercice 2011-2012, notamment du fait de ses investissements prévus dans une nouvelle usine de salades vertes en sachet en Italie, une chambre froide automatisée dans la Somme en France, et une implantation en Ukraine. Les deux premiers sites seront opérationnels au printemps 2011.