En Italie, ni le gouvernement ni le monde des affaires ne voient cette opération d'un bon œil, et pourtant le groupe français Lactalis poursuit sa montée au capital du groupe alimentaire italien Parmalat. Après avoir annoncé jeudi dernier l'acquisition de 11,4% de Parmalat, Lactalis a fait savoir ce lundi qu'il détenait directement et indirectement 13,67% de l'italien.

Le groupe français ne compte pas s'arrêter là. En effet, il va racheter ce mardi 15,3% de Parmalat auprès des fonds d'investissement étrangers Zenit Asset Management AB, Skagen AS et Mackenzie Financial Corporation. 'Au terme de cette opération, le groupe Lactalis détiendra une participation directe et potentielle représentant environ 29% du capital de Parmalat', a précisé Lactalis. Ce dernier est ainsi devenu le premier actionnaire de l'italien, dont le capital est très éclaté.

Toutefois, le groupe français avait précisé qu'il avait l'intention de poursuivre sa montée au capital mais sans dépasser le seuil des 30% qui l'obligerait à lancer une offre publique d'achat.

Protéger 'l'italianité' de Parmalat

Lactalis est déjà présent en Italie à travers la marque Galbani qu'il a rachetée en 2006. Néanmoins, le français ne semble pas vraiment le bienvenu au capital de Parmalat. En effet, le gouvernement italien a indiqué qu'il envisageait des mesures pour protéger les entreprises stratégiques italiennes.

Du côté du monde des affaires, les groupes agroalimentaires italiens Ferrero et Granarolo, ainsi que la banque italienne Intesa Sanpaolo, ont fait savoir qu'ils pourraient apporter leur soutien à un projet industriel solide pour Parmalat. Le gouvernement italien s'est dit 'très favorable' à la formation d'une alliance d'investisseurs italiens afin de protéger 'l'italianité' de Parmalat.

Plusieurs autres exemples récents d'investissements de groupes français au capital de groupes italiens peuvent être rappelés. En 2009, Air France-KLM a pris une participation de 25% dans Alitalia, alors que LVMH a racheté Bulgari au début de mars 2011, et qu'EDF détient une participation dans Edison. A l'inverse, le gouvernement français avait encouragé GDF et Suez à fusionner pour contrer l'OPA de l'italien Enel sur Suez, en 2006. La question du protectionnisme économique et des entreprises stratégiques reste un domaine sensible en France comme en Italie.

Ce mardi vers 10h50, le titre Parmalat cédait 3,41%, à 2,38 euros, à la bourse de Milan. La veille, la valeur avait chuté de plus de 5%.