Protéger les intérêts des entreprises stratégiques du pays face aux investisseurs étrangers, c'est le but affiché des autorités italiennes. A l'heure actuelle, les groupes français LVMH, EDF et Lactalis s'intéressent vivement au marché italien. LVMH a ainsi racheté le joaillier italien Bulgari, EDF détient une participation dans Edison, et Lactalis est monté à 29% dans le capital de Parmalat.

Dans le cas de ce dernier, une enquête a été ouverte par le parquet de Milan sur le cours de l'action Parmalat sur plusieurs semaines, d'après la presse italienne. Selon les quotidiens Il Sole 24 et Corriere della Sera, l'enquête porterait sur une éventuelle manipulation de cours à partir de 26 janvier, date à laquelle les trois fonds d'investissement, qui ont vendu ensuite leurs participations dans Parmalat à Lactalis, ont annoncé un accord pour présenter une liste commune de candidats au conseil d'administration de Parmalat.

Entre cette annonce et la cession des participations des fonds dans Parmalat à Lactalis, le cours de Parmalat a grimpé de 25%. La semaine dernière, le français Lactalis a indiqué qu'il détenait désormais 29% de Parmalat, à la suite du rachat des participations des trois fonds d'investissement étrangers Zenit Asset Management AB, Skagen AS et Mackenzie Financial Corporation.

Des mesures pour tenir à distance les groupes étrangers

Dans le cadre de cette enquête, l'administrateur délégué de Parmalat, Enrico Bondi, serait entendu comme témoin. De son côté, Lactalis a indiqué qu'il a 'toujours agi correctement et attend calmement de pouvoir prendre connaissance des développements de l'affaire'.

Le gouvernement de Silvio Berlusconi s'est prononcé en faveur de mesures destinées à limiter les acquisitions d'entreprises stratégiques italiennes par des groupes étrangers dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'énergie, de la défense et des télécoms. Les autorités italiennes ont aussi adopté un décret autorisant Parmalat à différer l'assemblée générale de ses actionnaires, initialement prévue le 14 avril.

En parallèle, plusieurs groupes italiens travaillent à la mise en place d'un consortium italien pour investir dans Parmalat, a fait savoir Corrado Passera, administrateur délégué de la banque Intesa Sanpaolo. D'après Il Sole 24 Ore, le financier Gianni Tamburi aurait indiqué à la direction d'Intesa Sanpaolo qu'il pourrait investir 350 millions d'euros dans un consortium italien.