L’association entre le ketchup Heinz et le fromage à tartiner Philadelphia, commercialisé par Kraft Foods, est très bien digérée par les investisseurs ce mercredi à Wall Street, où le titre de Kraft bondit de plus de 30%. Les conseils d’administration des deux groupes ont approuvé à l’unanimité un projet de fusion qui doit donner naissance au numéro trois américain de l’agroalimentaire derrière PepsiCo et Mondelez. The Kraft Heinz Company, c’est son nom, sera détenue à 51% par les actionnaires actuels de Heinz - Warren Buffett et le fonds d’investissement brésilien 3G- et à 49% par ceux de Kraft Foods.

M. Buffett et le fonds brésilien ont précisé qu’ils investiraient 10 milliards de dollars dans l'opération pour pouvoir offrir aux actionnaires de Kraft une prime en numéraire de 16,50 dollars par action ainsi que 49% du capital du futur groupe. Ce dernier affichera un chiffre d'affaires combiné de 25 milliards de dollars (25,2 milliards d'euros) grâce à quelques marques mondialement connues comme Heinz, Philadelphia, Maxwell, et d’autres à fort accent américain comme le beurre de cacahuètes Planters ou la charcuterie Oscar Mayer.

Le mariage tombe à point nommé pour Kraft dont les bénéfices ont chuté de 62% l’année dernière en raison d’une hausse du coût des matières premières et d’une évolution des goûts des Américains en faveur d’une alimentation plus saine. Le groupe a remanié son équipe de direction ces derniers mois et annoncé son intention de développer de nouveaux produits pour s'adapter à ces nouvelles attentes. Son projet de fusion avec Heinz ne devrait pas être contesté par les autorités de la concurrence car les gammes de produits des deux groupes ne se chevauchent que marginalement. Berkshire et 3G Capital avaient racheté Heinz pour 23,2 milliards de dollars il y a deux ans et l'avaient alors retiré de la Bourse.