Face à la détermination des éleveurs et producteurs de lait qui bloquent une partie des routes du nord-ouest de la France, le gouvernement a annoncé mercredi un plan "d'urgence et de long terme" chiffré à  600 millions d’euros.

L’essentiel de l’effort (500 millions) consiste en des allègements de charges, notamment via des remboursements anticipés de TVA, des reports d'impôt sur le revenu et sur les sociétés, ou encore des exonérations de taxes sur le foncier non bâti. Par ailleurs « le gouvernement demandera une restructuration de l'ensemble des dettes de long et moyen termes pour les éleveurs qui le souhaitent avec un accent pour les jeunes agriculteurs et les investissements récents », a indiqué le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll lors d’une conférence de presse. Le Fonds d'allègement des charges, qui prend en charge une partie des intérêts d’emprunts des agriculteurs, sera ainsi porté à 50 millions d'euros au lieu de 8. Par ailleurs 10 millions d'euros seront débloqués pour la promotion des produits d'élevage français à l'exportation.

Réagissant à ces annonces, le président de la FNSEA Xavier Beulin s’est dit « prêt à construire avec le gouvernement ». « Tout ça va dans le bon sens (…) 500 millions d'euros dans l'opinion cela risque de faire un effet important, mais on nous ressert quand même beaucoup de choses », a-t-il précisé. La « priorité des priorités » reste selon lui « les prix » dont la baisse menace la survie des éleveurs.

Le rapport du médiateur des prix agricoles qui doit déterminer qui, de l'industrie ou de la grande distribution, souvent visée, freine la hausse des prix de la viande payés aux éleveurs, sera publié mercredi soir. « Ce que relève le médiateur c'est que la situation reste sur le territoire plutôt hétérogène » a commenté M. Beulin, promettant de maintenir la pression sur les industriels, coopératives, abatteurs et distributeurs. Manuel Valls a de son côté appelé la grande distribution et les industriels à « respecter les hausses de prix auxquels ils se sont engagés » lors d'une réunion du 17 juin dernier. Si celle-ci a déjà permis d' « enrayer » la baisse des prix un effort sur le bœuf reste à faire, a ajouté le Premier ministre.