Après plusieurs mois de négociation le groupe public chinois ChemChina est parvenu à un accord avec les dirigeants du groupe suisse Syngenta, l’un des principaux agrochimistes au monde, là où l’américain Monsanto avait échoué l’année dernière. L’offre de ChemChina, d’un montant de 43 milliards de dollars (39,4 milliards d’euros), a été recommandée « à l’unanimité » par le conseil d’administration du groupe bâlois.

« Les discussions entre nos deux sociétés ont été amicales et constructives, et nous sommes ravis que cette collaboration ait pu aboutir à l'accord annoncé aujourd'hui », a déclaré Ren Jianxin, le président de ChemChina. « Syngenta restera une entreprise de stature mondiale avec son siège domicilié en Suisse », a précisé le chimiste suisse dont les dirigeants seront maintenus dans leurs fonctions.

Ce rachat, s’il se concrétisait, serait la plus grosse acquisition d’une entreprise chinoise à l’étranger à ce jour. Issu de la fusion, en 2000, des secteurs agroalimentaires de Novartis et d’Astra Zeneca, Syngenta est le plus grand producteur de pesticides au monde et le troisième plus grand producteur de semences. Son chiffre d’affaire a été affecté en 2015 par la chute des cours des matières premières agricoles et la pression sur les prix des semences, affichant une baisse de 11% à 13,4 milliards de dollars. Son bénéfice net a quant à lui fondu de 17% à 1,2 milliard.

Si acquisition paraît stratégique pour la Chine, où l'agriculture est un secteur prioritaire au vu des besoins de la population, les ambitions du nouveau groupe ne seront pas cantonnées au marché chinois : Syngenta est aujourd’hui très bien implanté en Europe mais aussi dans les pays du Sud où il commercialise un certain nombre de pesticides aujourd’hui interdits en Europe, tel le Paraquat. Le groupe suisse produit également des OGM (maïs, blé) sur les marchés où ces cultures sont autorisées (Etats-Unis, Brésil, notamment) mais n’a pas jusqu'ici obtenu l’autorisation d’exporter ces semences en Chine.