Après de longs mois de tractations la France a enfin obtenu un geste de l'Europe en faveur des producteurs laitiers. La Commission européenne a annoncé lundi 18 juillet une aide de 150 millions afin d'inciter les éleveurs à réduire temporairement leur production et faire remonter les prix du lait dans l'Union européenne. Ces prix ont plongé depuis la suppression des quotas laitiers il y a un an, passant de 365 euros la tonne en 2014 à 275 euros aujourd'hui, et entraînant la fermeture de nombreuses exploitations. Selon le nouveau mécanisme qui doit être mis en place d'ici la fin de l'année les éleveurs se verront payer un certain prix au litre de lait non-produit, et ce, afin de remédier à la crise de surproduction observée au niveau de l'UE. Ce mécanisme incitatif sera géré au niveau communautaire "afin d'assurer que les agriculteurs dans toute l'Union y ont accès sous les mêmes conditions", a précisé la Commission.

 « C’est la première fois après la fin des quotas qu’on se pose enfin la question de la nécessité de réduire les productions c’est très important pour la France il aurait fallu le faire beaucoup plus vite » a réagi Stéphane Le Foll à l'issue d'une réunion avec l'ensemble des ministres de l'agriculture européens. Mais pour son homologue belge Willy Borsus les montants mobilisés sont trop faibles au regard des enjeux. "Il s’agit d’une réponse de la Commission assez timide quand on sait qu’il y a déjà actuellement 3 milliards de litres de lait stockés à l’intervention publique, c’est-à-dire retirés du marché pour tenter de faire remonter les prix", a estimé ce dernier. "Notre objectif final est d'observer une reprise des prix payés aux agriculteurs dont ils ont bien besoin, pour qu'ils puissent continuer à vivre de leur travail", a commenté de son côté le commissaire européen à l'agriculture Phil Hogan, ajoutant qu'il n'était pas question de revenir au système des quotas en vigueur au cours des trente dernières années.

Outre cette aide de 150 millions spécifiquement destinée au secteur laitier, la Commission a également débloqué une enveloppe de 350 millions à répartir entre les Etats membres, afin qu'ils puissent venir en aide à d'autres filières agricoles (notamment celles de la viande porcine et des fruits et légumes, affectées par l'embargo russe imposé en rétorsion des sanctions européennes liées à la crise en Ukraine). La France devrait recevoir environ 50 millions d'euros, un montant qu'elle pourra doubler à condition de respecter le cahier des charges défini par la Commission européenne sur l'emploi de ces sommes.