Entre concepts cars et nouveaux modèles, le Mondial est la première étape de la vie d'une voiture. Ce sont souvent des milliards d'euros de développements qui se jouent. La presse spécialisée attend le levé de rideau des nouvelles voitures avec impatience. Pour les trois-quarts des Français, le design des modèles fait partie des deux premiers critères d'achat. Voyez-vous-même ce que les constructeurs nous réservent pour l'avenir.

Le concept-car Citroën-Lacoste
Spontané, oui. Décontracté, assurément. Raffiné… Plus discutable. En réalité, la première impression du Citroën-Lacoste serait ludique, ou rigolo, et n'est pas sans rappeler la C3 Pluriel. Certes, il ne s'agit encore que d'un concept-car, mais les couleurs fluos et les formes arrondies de ce véhicule semblent nous transporter droit vers un film d'animation. Autre digression, Lacoste a travaillé dans la conception de ce modèle qui sera pourtant plus utile sur un golf que sur un terrain de tennis qu'il soit battu ou non. Le toit gonflable rejoint l'aspect gadget du véhicule. Citroën voulait faire montre de «créativité et d'optimisme» d'après la note explicative du constructeur. Pour Frédéric Banzet, Directeur Général de la marque, ce modèle signe le retour de la voiture à ses fondamentaux en abandonnant le dogme du «toujours plus» pour revenir vers le «toujours mieux». Pari réussi pour la créativité. Citroën continue à explorer les possibilités de l'automobile de demain en testant l'opinion. Bel essai.

La DS4

Après le succès de la DS3, la presse automobile était impatiente de découvrir le nouvel opus de la gamme distinctive proposée par Citroën. Le coupé quatre portes fabriqué sur une base de nouvelle C4 doit encore convaincre. Si Citroën prétend que la DS4 s'inscrit dans la «philosophie» DS, elle a pourtant peu à voir avec le style très sportif et détaché de la DS3. L'architecture du modèle tente une synthèse entre modernisme et raffinement, au risque de se rapprocher nettement de sa sœur jumelle avec qui elle partage la base. Surélevée, la DS4 fait un clin d'œil aux Crossover qui font fureur en Europe. Son style assagi se démarque sur des finitions raffinées, sur une conduite plus dynamique et des équipements de pointe. Pour Citroën, la DS4 traduit parfaitement son slogan Creative Technologie.

La nouvelle C4

Le marché très disputé des berlines va accueillir un concurrent aux dents longues. La nouvelle version de la C4 se pose en alternative de l'irremplaçable Golf de Volkswagen. Les lignes rappellent presque la silhouette d'une Audi A3. Bref, Citroën ne plaisante pas quand il prétend vouloir jouer dans la cour des grands. Son style très classique mais néanmoins élégant pourrait attirer une clientèle peu encline aux audaces stylistiques d'une 308, mais rebutée par les courbes austères d'une Golf. La C4 devra toutefois trouver une légitimité face à la réputation d'une Volkswagen. Un travail de longue haleine.


Le HR1 de Peugeot
Peugeot propose une première réflexion du SUV compact à sa sauce. Nul doute que ce créneau sera porteur, et Peugeot complète ainsi sa gamme. Le succès de sa 3008 l'encourage à poursuivre son ouverture sur les voitures au chassis relevé. La fluidité des lignes donne du mouvement pour une voiture qui se veut résolument sportive et élégante. Le HR1 risque toutefois d'arriver à rebours de ses concurrents, notamment le très attendu Juke de Nissan.

Le Dezir de Renault
S'il y a un segment dans lequel l'électrique va percer c'est sur les voitures de courses. L'américain Tesla a montré la voie, et Renault a décidé de répliquer avec le Dezir. L'avantage d'une voiture de cette silhouette est son poids allégé qui permet d'embarquer davantage de batteries. Ainsi, la Tesla affiche une autonomie de près de 400 kilomètres, contre une centaine pour les voitures électriques grand public. Au-delà du véhicule, la marque au losange signe ici ses nouvelles lignes, notamment la calandre qui équipera les nouveaux modèles. Cet exercice de style rappelle que Renault n'a rien perdu de sa capacité de dessiner de belles voitures. Un exercice à confirmer sur le reste de la gamme.

La Latitude de Renault
La direction de Renault l'assure, Renault n'a jamais abandonné le créneau haut-de-gamme. Et pourtant, depuis la Vel Satis, on n'avait pas vu de pareilles voitures dans le catalogue du constructeur français. La Latitude signe le retour de la marque dans le segment des voitures statutaires. Ce modèle a été conçu pour le marché asiatique et russe. Il réutilise la plate-forme de la MS5, un modèle de la filiale Sud-Coréenne de Renault. Ses lignes très rigides frisent le classicisme désuet qui pourrait souffrir de l'élégance des belles allemandes, voire de la 508. Ce modèle sera proposé en Europe par « opportunité ».