L’affaire Renault est en passe de devenir le scandale Renault. Alors que Patrick Pélata a été convoqué à Matignon, en plein Mondial de l’automobile de Genève, l’enquête de la DCRI piétine. Rien ne semble approuver la thèse de l’espionnage par les trois cadres licenciés. Pis ! Le service de renseignement français n’a trouvé aucune trace de manœuvres d’espionnage du constructeur automobile. Les preuves avancées par le groupe n’ont pas été démontrées. Les comptes secrets en Suisse et au Lichtenstein n’existent pas. Il ne reste désormais plus que des courriers anonymes à charge des trois ex-cadres. Les salariés accusés continuent à se démener pour leurs réhabilitations.

Le groupe a d’ailleurs changé sa stratégie de communication concernant cette affaire. Le vocabulaire est passé de « dossier solide et complet » à « nous sommes peut être victime d’une manipulation ». C’est le message que Patrick Pélata aurait ainsi communiqué au premier ministre hier. Le nouveau scénario esquissé par la direction serait celui du règlement de compte d’un collaborateur ou ex-collaborateur d’un des salariés incriminés. Cela n’enlèvera pas que Renault a crié sur tous les toits avoir mené une enquête sérieuse, complète, pendant près de six mois, allant jusqu’à décrire un scénario très précis sur un réseau chinois organisé à un niveau internationale. Carlos Ghosn a défendu cette enquête interne au 20h de TF1, et dans plusieurs grands tirages de la presse écrite. Dans ces conditions, il sera difficile pour Renault d’invoquer son statut de « victimes ». L’opinion avait été choquée par cette affaire d’espionnage qui avait pris des allures de trahison nationale. Elle pardonnera difficilement au constructeur d’avoir géré ce dossier avec autant de légèreté. Les politiques ont d’ailleurs déjà compris que le laxisme ne serait pas compris par les électeurs…