Le marché automobile français a rebondi en mai, contre toute attente. Les immatriculations ont augmenté de 6,2% à 197 784 voitures en mai, en comparaison annuelle. En réalité, le marché a baissé de 8% à données comparables. Il y avait 22 jours ouvrables cette année, contre 19 en mai 2010. Après la chute d’avril (plus de 11% de baisse), la performance du mois de mai permet de porter la progression du marché à 4,4% depuis le début de l’année, mais de seulement 1,5% en données comparables. Pour rappel, les constructeurs automobiles français tablent sur une baisse de 15% du marché automobile français pour l’ensemble de l’année 2011.

Comme chaque mois, les disparités entre constructeurs font couler beaucoup d’encre. Ce mois-ci, c’est la dichotomie entre les deux frères ennemis de l’automobile français qui attire tous les regards. Les ventes de Peugeot-Citroën ont fortement augmenté tandis que le groupe Renault a accusé un net recul de ses livraisons. La marque au lion engrange une hausse de 9,7% de ses immatriculations en mai, tandis que la marque aux chevrons constate une progression de plus de 15% de ses livraisons de véhicules, soit une progression totale de 12,5% pour le groupe (+14,4% si on ajoute les ventes d’utilitaires). Renault de son côté voit les livraisons de sa marque historique chuter de 13,6%. Mais plus inquiétant, c’est sa filiale low cost Dacia qui trébuche en enregistrant une baisse de 37% de ses immatriculations.

Le contraste est beaucoup plus saisissant en analysant les chiffres depuis le début de l’année. Alors que les ventes de Peugeot Citroën progressent de 5,6%, le groupe Renault fait état d’un recul de 8% de ses immatriculations. En termes de part de marché, le premier se stabilise en grignotant quelques dixièmes de points à 33,42%. En revanche, la firme dirigée par Carlos Ghosn perd plus de 3 points pour se placer à 24,5% du marché français. Le groupe préfère mettre en avant ses performances dans les véhicules utilitaires où ses immatriculations ont progressé de 35%. Dans un communiqué, Renault explique également avoir réagi à la baisse de ses ventes par la mise en place à partir de la mi-mai d’une politique commerciale agressive qui avait été «totalement abandonnée début avril».

Audi qui rit, BMW et Mercedes qui pleurent...

Parmi les groupes européens, il faut noter la hausse des ventes du groupe Volkswagen. Le mastodonte allemand affiche une hausse de 29% de ses immatriculations en mai, dont 44% pour sa seule marque Audi, c'est-à-dire de sa filiale la plus rentable. Même les ventes de Seat ont rebondi en mai (+18%). Les performances de la marque Audi ne font pas école, puisque ses adversaires mais néanmoins compatriotes BMW et BMW reculent respectivement de 6,4%, et 3,2% au mois de mai.

Le groupe Fiat est l’autre lanterne rouge du marché automobile français. Les ventes du groupe italien ont baissé de 21% en mai. Depuis le début de l’année, la baisse reste néanmoins contenue à -5,7%. Il convient de noter les disparités entre les marques : Fiat recule de 21%, Lancia de 42%, tandis qu’Alfa Roméo augmente de 46% sur la période de mai.

Côté Japonais, l’envolée des immatriculations de Nissan devraient faire sourire son principal actionnaire Renault. Avec une progression de 75% de ses ventes en mai, la marque affiche une hausse de 49% depuis le début de l’année. Pas sûr que le nouveau patron de Renault, Carlos Tavares, apprécie, lui qui a en charge de rééquilibrer le rapport entre les deux groupes.