Véritable débâcle pour Peugeot-Citroën ce matin à la Bourse de Paris, peu après la publication des résultats semestriels. Le titre fond de plus de 8% vers 14h30 sur un marché en baisse de 1,1%. Le marché juge mitigé les résultats du constructeur automobile français, mais s’inquiète surtout des perspectives sur l’ensemble de l’année 2011. Les dirigeants du groupe automobile ont reconnu avoir sous-estimé l’impact du prix des matières premières lors de leur dernière prévision en février dernier. Initialement prévu autour de 500 millions d’euros, l’impact devrait finalement s’élever à 700 millions sur l’ensemble de l’année. Autre mauvaise nouvelle, les conséquences du séisme japonais du 11 mars dernier, pourrait coûter en tout 250 millions d’euros à Peugeot-Citroën, dont 100 millions sur le second semestre. Le groupe continue de tabler sur un résultat opérationnel 2011 supérieur à l’année précédente, mais cette progression ne sera pas significative comme il s’y attendait initialement. Il n’en fallait pas plus pour que le marché interprète ces perspectives comme un profit warning. Certains s’interrogent même sur la capacité de PSA à atteindre l’équilibre au second semestre. Philippe Varin, PDG du groupe, comptait sur la poursuite du plan performance qui devait faire économiser 1,1 milliard par an sur les coûts fixes. Insuffisant, s’est-il néanmoins résigné.

Et pourtant, les résultats semestriels sont de bonne facture. Le chiffre d’affaire ressort en hausse de 9,7% à 31,1 milliards d’euros et le résultat opérationnel courant reste stable à 1,157 milliard d’euros. La marge opérationnelle est dégradée de 0,3 point à 3,7%. La communication du groupe a pris soin de préciser qu’hors impact du séisme japonais, la marge serait ressortie à 4,1%.

Parts de marché en recul en Europe


Sur les différents marchés, Peugeot-Citroën fait valoir un mix pays défavorable en Europe. Très exposé en Italie et en Espagne où les immatriculations chutent fortement, le groupe voit sa part de marché reculer à 13,9% au premier semestre contre 14,5% un an auparavant. En Chine, Peugeot-Citroën reste stable à 3,3%, et grignote quelques dixièmes de points en Russie avec une part de marché à 2,7% mais avec des ventes en forte hausse (+65%). En Amérique Latine, le groupe s’approche du seuil des 6% de parts de marché, contre 5,3% au premier semestre 2010, grâce à un bond de 21,7% des immatriculations.

Sa filiale Gefco enregistre une hausse de 17,5% de son chiffre d’affaires à 2,017 milliards d’euros. Philippe Varin s’est félicité de la progression de la part hors PSA du portefeuille client. Avec une marge de 7,1%, Gefco reste très rentable. Faurecia satisfait également son actionnaire principal à hauteur de 57,4%. Son chiffre d’affaires progresse de 19% à 8,15 milliards d’euros, et le résultat opérationnel s’envole de 56,7%. L’équipementier automobile a habilement répercuté 70% de l’impact des matières premières à ses clients… dont Peugeot-Citroën. Pour Philippe Varin, cela ne changerait rien «puisqu’au bout du compte, les variations des matières premières se retrouvent dans le prix final imposé au client».