Mois de juillet particulièrement difficile pour les constructeurs automobiles français. Le marché des véhicules légers – c'est-à-dire voitures particulières (VP) et utilitaires légers (VUL) – a baissé de 6,9% en données brutes (-2,2% en données comparables). La baisse du segment VUL se confirme donc malgré un début d’année bien orienté. Les livraisons de VUL a ainsi flanché de près de 12% en juillet (-7,4% en comparable). Sur sept mois, le marché progresse de 0,6% sur un an. Une mauvaise nouvelle pour les constructeurs français, traditionnellement bien positionné sur ce marché, sauf que PSA s'inscrit à contre-courant. Sur le segment des voitures particulières, le marché s’est contracté de 5,9% en juillet, mais de seulement 1,2% en données comparables avec 159 945 immatriculations. Depuis le début de l’année, le marché reste stable et monte même de 0,2% à 1,385 million de voitures.

Dans le détail, les groupes français reculent de 9,3% en juillet, soit une part de marché de 55,7% contre 57,8% il y a un an. PSA s’en sort mieux que Renault, puisqu’il affiche une baisse de 7% de ses livraisons en juillet (-7,5% pour Peugeot, et -6,4% pour Citroën), mais progresse de 1,7% depuis le début de l’année. Il gagne d’ailleurs quelques dixièmes de points de parts de marchés sur sept mois à 33,28%. Sur le VUL, PSA progresse malgré la chute du segment. Du coup, sa part de marché progresse et atteint pratiquement 38% contre 33% l'année dernière.

Le losange réduit ses pertes


Renault, de son côté, est toujours plombé par les ventes de Dacia. Le groupe affiche une baisse de 12,4% de ses immatriculations en juillet. La marque au losange est néanmoins parvenue à circonscrire sa chute et affiche une baisse de 2,7%, contre une chute de 9,1% sur sept mois. Renault accuse une forte baisse de sa part de marché passant de 27,3 à 24%, mais qui est tempérée sur le mois de juillet puisqu’elle ne baisse que de 1,7 point. La reprise de ce mois de juillet a été facilitée par les énormes ristournes sur ses modèles d’entrée de gamme. La Clio affiche des baisses de prix de 45% tandis que la Twingo coûte désormais moins cher qu’une Logan. Dacia, justement, souffre d’un effet de comparaison très défavorable. Du coup, la marque affiche une baisse de 49% de ses immatriculations au mois de juillet, soit une baisse de 25,5% depuis le 1er janvier. La part de marché est quasiment divisée par deux à 3,78% sur sept mois. Sur les VUL, Renault subit un sérieux coup de frein, malgré le succès de son Master. La chute est de 29% en juillet, soit 6 points de parts de marché de moins (24,85%).

Volkswagen poursuit son ascension et s’octroie désormais 12,17% de parts de marché sur sept mois, soit presque 2 points de plus qu’en 2010. Les immatriculations du groupe ont progressé de 7% au mois de juillet portant la hausse à plus de 13% depuis le début de l’année. Comme d’habitude, Audi accélère puisque la marque de luxe aura livré 6,2% d’immatriculations en plus en juillet tandis que la marque historique Volkswagen aura stagné (+0,4%). Si Skoda maintient son trend (+14%), c’est Seat qui rassure avec des ventes qui explosent littéralement en juillet à +42%. Depuis le début de l’année, la marque espagnole ne progresse que de 15%.

Mercedes à la peine, BMW s'éveille

Le groupe Fiat peut être satisfait du lancement de nouveaux modèles sur sa marque Lancia puisque celle-ci a vu ses livraisons s’envoler de 88% en juillet. Ce chiffre contraste avec son évolution depuis le début de l’année (-8,5%). Alfa Roméo, en revanche, ralentit malgré le succès de ses Alfa Mito et Giuletta. La marque de sport haut de gamme italienne a progressé de 4,2% en juillet, contre une hausse de 50% sur sept mois. Mais le plus inquiétant reste la marque Fiat qui voit ses livraisons s’effondrer de 33% en juillet (-20% depuis janvier). Pénalisé par sa marque historique, le groupe Fiat recule de 22,8% en juillet (-10,8% depuis janvier).

Côté haut de gamme, BMW affiche un joli rebond, après un essoufflement en milieu de semestre. La marque progresse de 13,5% en juillet, contre une hausse de 4,5% depuis le début de l’année. Cette variation a surtout été portée par sa filiale Mini qui a augmenté de 23% ses livraisons, contre 9,3% pour BMW. De son côté, Mercedes souffre d’une contraction de 16% de ses immatriculations, moins marquée pour sa filiale Smart (-12%). Depuis le début de l’année, le groupe allemand affiche des chiffres plus tempérés avec une baisse de 4,5%.

Le groupe Ford recule de 18% en juillet, mais de seulement 1,8% depuis janvier. General Motors progresse de 3,4% grâce à la dynamique de Chevrolet (+29%) mais reste pénalisé par Opel (-1,8%).

Infiniti trébuche


Bilan mitigé du côté des constructeurs coréo-japonais. Toyota affiche une baisse de 6,5% de ses ventes, mais sa part de marché a progressé sur l’ensemble de l’année à 3,63%. Sa marque Toyota a reculé de 7%, tandis que Lexus, sa marque haut de gamme, aura livré 14% de voitures supplémentaires. Son concurrent Nissan continue à monter en puissance sur le marché hexagonal puisque ses immatriculations ont augmenté de 26%, soit une hausse de 38% depuis le début de l’année. En revanche, sa marque de luxe Infiniti accuse un accident de parcours avec une baisse de 26% de ses livraisons et ce alors que les ventes ont flambé de 88% depuis le début de l’année.

Enfin, le groupe Hyundai-Kia est resté stable avec une hausse de 0,2% des livraisons en juillet masquant de fortes disparités entre les deux marques. Kia progresse ainsi de 19% tandis que Hyundai recule de 19%. Une tendance qui ne se ressent pas sur le long terme puisque le groupe est monté de 16% depuis janvier, même s’il est vrai que la hausse est moins marquée pour Hyundai.