A la veille de l’ouverture au public du salon automobile de Francfort (15-25 septembre), l’heure est aux pronostics s’agissant du marché automobile, marqué par un ralentissement des ventes en Europe et une croissance soutenue de la demande dans les pays émergents. Face à ce marché à double vitesse, les constructeurs européens ne sont pas tous logés à la même enseigne. Si les Allemands ne semblent pas douter de leur capacité à accroître leur chiffre d’affaires cette année et en 2012, tel n’est pas le cas des autres, Français et Italiens en tête, dont les prévisions sont nettement plus prudentes.

C’est le cas en particulier de PSA, qui voit l’avenir du côté sombre. «En 2009, quand nous avons fait notre plan de performance, on voyait une reprise du marché européen dès 2011 et qui continuerait en 2012; en fait on s'aperçoit que cette année on ne redémarre pas», a indiqué Philippe Varin, le président du directoire, mardi lors d’une conférence de presse. «Même si nos carnets de commandes ne nous disent rien, il faut se préparer à des temps plus difficiles». Le groupe va ainsi accélérer son programme de réduction de coûts, et prévoit des «ajustements» de sa production. Les salariés craignent que cela ne se traduise par des licenciements, voire par des fermetures de sites en France. Le sort de l’usine d’Aulnay-sous-Bois «reste à définir», a d’ailleurs indiqué Philippe Varin, renforçant les inquiétudes qui pèsent depuis plusieurs mois sur le site.

Audi relève ses prévisions


Chez Renault, on se veut plus confiant. «Aujourd'hui, je ne vois pas pour le court terme d'impact fort dans les prises de commandes, on fait un mois de septembre tout à fait correct», a souligné Jérôme Stoll, directeur commercial du groupe, dans une interview à Reuters. Il a confirmé l’objectif de ventes mondiales supérieures cette année au record de 2,6 millions d'unités établi en 2010. Mais la fin de la prime à la casse et surtout le ralentissement économique en cours aux Etats-Unis incitent le groupe à la prudence. «En ce qui concerne 2012, les choses sont plus incertaines puisqu'on est dans une période de très forte volatilité pour laquelle la poussière n'est pas encore retombée, il est donc toujours très difficile de faire un pronostic», a déclaré le numéro deux du groupe Renault-Nissan, Carlos Tavares. Ces propos font écho à ceux du président de Fiat, Sergio Marchionne, pour qui «2011 est une année difficile et 2012 ne devrait pas être meilleure, si les marchés financiers restent aussi incertains et que le manque de confiance dans le système perdure».

A l’opposé, les constructeurs allemands ne craignent pas la crise et affichent un large sourire au vu du rebond de leur marché domestique. «Pour le moment, notre secteur n'est pas affecté par les inquiétudes des marchés financiers. Nous avons une très forte demande, dans le monde entier, de la part des clients privés comme professionnels», a affirmé mardi le patron de Daimler, Dieter Zetsche. Son compatriote, le patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, estime que les marchés automobiles mondiaux «vont continuer d'évoluer de façon positive». Sa marque haut-de-gamme, Audi, a même relevé ses prévisions de ventes pour l’année en cours, à 1,3 million d’unités écoulées. Elle espère ainsi détrôner sa compatriote Mercedes, à la deuxième place des constructeurs de voitures premium…le segment le plus porteur aujourd’hui, où les constructeurs français restent à la traîne.

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