Les économistes le soupçonnaient depuis plusieurs mois… C’est désormais concret. La crise financière de cet été touche désormais la sphère réelle et les constructeurs automobiles sont les premiers à prendre des mesures d’économies. Après PSA la semaine dernière, c’est au tour de Renault d’annoncer des mesures de chômage partiel dans ses usines françaises. La marque au losange a décidé de fermer l’usine de Douai entre le 26 octobre et le 2 novembre. Cette usine fabrique des Scenic. L’usine de Flins où est assemblée la Clio et de Sandouville d’où sortent des Laguna et Espace garderont leurs portes fermées lundi 31 octobre, assurant à tous leurs salariés un week end prolongé avec la Toussaint. Même l’usine de Novo Mesto en Slovénie subira ces mesures de chômage partiel. Et pourtant, cette usine fabrique la Twingo qui est soutenu depuis plusieurs mois par des baisses de prix considérables (jusqu’à -40%).

Côté PSA, l’usine slovaque de Trnava (Peugeot 207 et Citroën C3 Picasso) sera fermée entre le 28 octobre et le 4 novembre. Plus inquiétant, l’usine d’Aulnay est fermée pour la semaine, réduisant ainsi la production de Citroën C3. Il y a quelques mois, les syndicalistes avaient fait état de tractations au niveau de la direction générale visant à fermer ce site. La direction avait alors démenti toute décision sur une fermeture de site, tout en admettant que des réflexions étaient menées en interne. Le PDG, Philippe Varin, convoqué à l’époque par Eric Besson, ministre de l’industrie, a alors rassuré les pouvoirs publics sur sa volonté de maintenir une activité dans l’hexagone, tout en pointant du doigt la problématique des coûts et de compétitivité de la main d’œuvre française.

Aujourd’hui, les deux constructeurs français sont touchés par le ralentissement économique en Europe, et affiche des pertes de parts de marchés, tandis que les marques allemandes sont toujours à l’offensive. Il faut dire que les constructeurs français sont très exposés sur les marchés où le secteur est le plus mal en point (Europe du Sud), et peu sur les marchés dynamiques (Allemagne). Les analystes estiment que le dernier trimestre pourrait être plus mauvais encore que les neufs premiers mois de l’année…