La Suède vient de perdre ce qui lui restait de souveraineté dans l’industrie automobile. Le pays scandinave était pourtant représenté par deux figures de l’automobile européenne reconnue pour leur qualité et leur caractère très affirmé: Volvo et Saab.

Deux entreprises chinoises viennent de signer pour le rachat de Saab à Swedish Automobile, un an et demi après sa reprise par celui-ci. Après un an et demi de descente aux enfers, Swedish Automotive signe l'échec de la reprise de Saab en revendant la marque automobile à Pang Da et Youngman. Plus qu'un échec, il ne restera plus rien de la holding qui vend également Spyker à un fonds d'investissement américains, le fabricant néerlandais de voitures de sport. Du côté de chez Saab on relativise: "sans Swedish Automobile, Saab n'existerait déjà plus" explique-t-on. Swedish Automobile rappelle que le gouvernement suédois s'est opposé à l'entrée dans le capital du russe Vladimir Antonov pour apporter une bouffée d'oxygène au constructeur.

Huit semaines pour relancer la production

Les entreprises chinoises ont jusqu'au 15 novembre pour entériner la proposition de rachat. Ils doivent en outre obtenir le feu vert de Pékin, très pointilleux sur ces sujets là. Ils se sont engagés à réinvestir dans le constructeur afin de relancer la production. Arrêtée depuis sept mois, Saab estime que le délai pour relancer la production est de huit semaines. La semaine prochaine, le président de Swedish Automobile doit rencontrer ses créanciers à qui il présentera le nouveau plan de reprise d'activité, notamment avec les nouveaux actionnaires. Il espère ainsi une reprise de l'activité en janvier ou décembre.

Swedish Automobile avait racheté Saab à General Motors en janvier 2010 pour 70 millions d'euros. Il a ensuite investi près de 120 millions d'euros dans l'entreprise. Aujourd'hui, Pang Da et Youngman mettront la main sur la marque suédoise pour 100 millions d'euros. Les ouvriers de Saab espèrent connaître le même sort que Volvo qui est sorti de sa torpeur après avoir été revendu à Geely par Ford, un constructeur automobile chinois. Celui-ci lui a ouvert les portes du marché chinois. Volvo construit désormais des usines en Asie et en Amérique.