Renault est mieux orienté que son compatriote, mais néanmoins rival, Peugeot-Citroën. L’action Renault grimpe de 3,43% sur un marché en hausse de 0,80% vers 14h30. De son côté, PSA affiche une hausse de 1,24%. Il faut dire que les chiffres du marché automobile en octobre sont plus favorables au premier. Avec des livraisons en hausse de 11,3% le mois dernier, la marque au losange s’approprie plus de 2 points de parts de marché gagnés sur son rival de Sochaux.

Le groupe dirigé par Carlos Ghosn profite également de son partenaire Nissan dont il possède 44% des parts, qui vient de publier ses résultats semestriels. Le constructeur japonais a annoncé une baisse de 12% de son bénéfice net. Les analystes estiment que compte tenu du contexte, Nissan a réalisé une véritable performance. La fermeté de la devise chinoise et le drame du séisme qui a ravagé l’archipel et désorganisé toute la chaîne industrielle japonaise n’auront eu qu’un impact limité sur les résultats. D’ailleurs, les ventes en volume et en valeurs ont progressé sur la période. Carlos Ghosn a confirmé les perspectives de Nissan sur l’ensemble de l’exercice. Il faut dire que pour Renault, Nissan est un actif très précieux puisque sa participation pèse plus que sa propre valorisation boursière. De plus, les investisseurs voient en Nissan un important et substantiel contributeur de résultats, jusqu’à un tiers de bénéfices du groupe français.

Mais c’est à l’international que Renault affiche de bonnes performances. Le lancement du Duster au Brésil fait un véritable carton, et il est attendu l’année prochaine en Inde où il doit rejoindre la Micra indienne, la Renault Pulse. En Russie enfin, la marque au losange se laisse porter par la croissance exponentielle du marché.

Des questions sur la stratégie Renault

Mais les analystes s’interrogent sur plusieurs aspects de la stratégie de Renault et sur ses effets à moyen terme. La première source d’incertitude reste la pérennité de l’alliance Renault-Nissan à long terme. Le groupe Nippon est de plus en plus réticent à être sous contrôle d’un constructeur aussi petit et qui patauge sur son marché domestique. Par ailleurs, les experts relativisent la portée des bonnes performances commerciales de Renault ces derniers mois. Le groupe mène en effet une politique commerciale extrêmement agressive avec des baisses de prix conséquentes sur son entrée de gamme, jusqu’à 40% de réduction sur des Twingo ou des Clio. Les résultats de Renault pourraient ainsi être affectés, tandis que Peugeot-Citroën compte sur un mix-produit plus important pour dégager de meilleures marges. Mais pour le moment, Renault continue d’être valorisé 2,4 fois PSA parce que le marché ne croit qu’aux sommes sonnantes et trébuchantes. Tant que Renault bénéficiera des contributions de Nissan et que la stratégie de PSA ne sera validée que sur le papier et pas sur le terrain, l’écart de valorisation restera élevé.