La course au leadership mondial du marché automobile [volume de ventes] est désormais clairement tenue par l'américain General Motors [GM], l'Allemand Volkwagen [VW]et le japonais Toyota. Face à un marché de plusieurs millions de voitures et plusieurs milliards de dollars, la publication des résultats mêmes trimestriels reste un bon rendez-vous pour faire un bilan d'étape.

L'Américain renait de ses cendres

En 2008, GM subit la crise de plein fouet, perdant de fait une hégémonie vieille de plusieurs décennies. Le coup de tonnerre est alors tel, que la faillite est même évoquée pour l'américain qui sera finalement sauvé par l'Etat.

Les commentateurs crurent alors à la fin d'un vieux rêve, mais 3 ans plus tard, force est de constater que non seulement GM est parvenu à remettre de l'ordre dans ses comptes et à se restructurer, mais il a surtout retrouvé la place de premier vendeur d'automobiles du monde.

Au 3ème trimestre 2011 en effet, l'américain a écoulé 6,79 millions de véhicules de part le monde, contre 6,11 millions sur la même période pour Volkswagen. Mieux. General Motors s'est même payé le luxe de faire croitre ses parts de marché aux Etats-Unis, passant de 18,3% en 2010 à 19,7% cette année, ainsi qu'en Chine où le groupe peut s'enorgueillir d'une progression de ses ventes de 10,5%.

En chiffres, le troisième trimestre enregistre d'ailleurs un bénéfice net de 1,2 milliards d'euros, supérieur aux attentes des analystes. Pour autant, les risques demeurent, GM ayant émis des réserves sur ses résultats au quatrième trimestre: l'activité en Europe reste en effet sujette à caution, et son grand rival allemand, Volkswagen, bénéficie d'une meilleure solidité financière.

Le Japonais dans la tourmente

Faisant parti du trio de tête des constructeurs mondiaux, et ayant détrôné GM en 2008 avec 8,97 millions de véhicules écoulés, le japonais Toyota reste en embuscade. Hélas pour le groupe d'Akio Toyoda, la crise de 2008 va également affecter les résultats de Toyota, tandis que le rappel de voitures [problème sur la pédale d'accélérateur] va abîmer l'image du constructeur.

Le groupe va ensuite essuyer d'autres avanies, 2011 étant l'année noire de Toyota: le terrible séisme de mars provoquera une importante désorganisation de son appareil industriel, de même que le tsunami, et plus généralement, le contexte économique mondial pèsera encore fortement sur les ventes du groupe.

Au total, si Toyota reste une menace sérieuse pour GM et Volkswagen, il n'en demeure pas moins que 2011 est une année très difficile pour le japonais qui risque fort de chuter à la troisième place mondiale cette année.

L'Allemand toujours sur sa lancée

Très sérieux challenger face à GM, l'allemand Volkswagen devrait encore recevoir les fruits d'une stratégie patiemment mise en œuvre à partir de 2007, date à laquelle le groupe s'est clairement positionné en futur leader mondial du marché.

Pour se faire, VW n'a pas hésité à se lancer dans un vaste plan d'investissements afin d'améliorer et rationaliser son outil industriel, de produire de nouveaux modèles et s'attaquer à de nouveaux marchés.

Logiquement, son regard s'est donc rapidement tourné vers les pays émergents et surtout la Chine où le groupe entend ouvrir une usine pour produire près de 3 millions de véhicules par an. C'est enfin sa stratégie de marques qui semblent de plus en plus pouvoir assurer les beaux jours de VW, avec pour point d'orgue récent l'acquisition, en cours, du compatriote Porsche.

Quant aux autres marques déjà propriétés de VW, on compte Seat et Skoda qui devront doubler leurs ventes d’ici 2018 pour atteindre 700 000 et 1,5 million d’unités, tandis qu'Audi devra atteindre les 1,5 million de voitures vendues dès 2015, et Volkswagen espérant en écouler 6 millions.

Le monde ne peut s'y tromper, Volkswagen ayant annoncé son souhait de devenir rien moins que le premier constructeur mondial en 2018, soit 10 millions de véhicules vendus à cette date.