La branche automobile de PSA Peugeot Citroën n’atteindra pas l’équilibre cette année, en raison notamment d’une baisse des ventes au second semestre, a indiqué mercredi le président du directoire, Philippe Varin.

"La division automobile du groupe a réalisé au premier semestre de cette année un résultat opérationnel courant de 405 millions d'euros, et confrontés à (la) baisse du marché, nous allons reperdre au second semestre ce que nous avons gagné au premier semestre, et plus", a déclaré Philippe Varin au cours d'une audition devant la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

En résumé, a-t-il souligné, "nous allons être en perte significative, avec un cash flow qui sera négatif".

PSA est particulièrement exposé à la baisse des ventes de petites voitures, qui avaient bénéficié au premier semestre des derniers effets de la prime à la casse. Le groupe réalise 45% de ses volumes sur ce segment (notamment avec la Peugeot 207 et la Citroën C3) contre 33% en moyenne pour le secteur et 30% pour son concurrent allemand Volkswagen, premier constructeur européen.

Les autres branches compensent


Le constructeur français avait déjà lancé deux avertissements sur les résultats de sa branche auto cette année. Fin juillet, le séisme japonais et la hausse des matières premières l'avaient conduit à revoir à la baisse sa prévision du second semestre. Fin octobre, il avait ajouté que la branche auto risquait de reperdre sur la deuxième partie de l'année ce qu'elle avait gagné au premier semestre, conséquence notamment de problèmes d'approvisionnement et de la chute du marché espagnol.

Malgré ce troisième avertissement, le groupe a confirmé sa prévision d’un résultat opérationnel en hausse toutes activités confondues (automobile + banque + logistique). PSA table également sur un free cash flow "proche de l’équilibre" cette année et devrait bénéficier de la contribution de Faurecia, dont il détient 57,4%.

Rappelant les grands défis du secteur, Philippe Varin a évoqué en préambule de son audition, "le défi de l'Asie", où "va se concentrer 60% de la croissance mondiale" du secteur, "le défi de la mobilité urbaine" et celui "du véhicule décarboné". Pour y répondre, PSA a donc développé une stratégie en "trois axes" dont la "globalisation du groupe", la "montée en gamme de ses marques" et le développement du véhicule hybride, lequel permettra, contrairement aux véhicules tout électrique,"de sortir des villes sur le moteur à combustion".

Le groupe souhaite "atteindre 50% de ses ventes hors d'Europe d'ici à 2015", avec des implantation en Chine, en Inde, en Amérique latine, en Russie, ainsi qu'au Proche et Moyen-Orient.

Enfin, en termes d'emploi, le président du directoire a réaffirmé qu'"il n'y aurait pas de licenciements économiques" et que le groupe demeurait "fidèle au territoire français". Philippe Varin est d'ailleurs revenu sur la stratégie industrielle du groupe suite à l'annonce d'un plan d'économies de 800 millions d'euros pour 2012, dont 400 millions dégagés sur les achats et 400 autres  millions sur les "adaptations d'effectifs". Présenté fin octobre, ce plan prévoit la suppression en Europe de 1 000 postes en production et 5 000 hors production.

Le titre résiste plutôt bien à ces annonces. Vers 14h30, il cède 0,5% sur un marché en repli de 1,4%.