«On a un début d'année en France et en Europe qui est particulièrement inquiétant. À fin mai, le marché européen recule de 6% par rapport à l'an dernier et le marché français baisse de 16%, alors que nous anticipions en début d'année des baisses de 3% et 6%», a constaté mardi le directeur général délégué de Renault, Carlos Tavares.

Face à ce tableau encore plus sombre que prévu, le constructeur français en appelle au gouvernement. «Ce que j'appellerais de mes vœux, c'est qu'on soutienne le marché français et européen» par le biais d’un soutien de la demande. Prime à la casse, renforcement du bonus écologique… toute mesure est «bonne à prendre, à partir du moment où elle stimule la demande», a-t-il précisé.

...et fait des économies

La prime à la casse mise place en 2009 et 2010 avait permis un rajeunissement du parc automobile français en même temps qu’un rebond des ventes, mais son coût pour les finances publiques – environ 1 milliard d’euros- avait conduit à sa suppression début 2011. «Je ne crois pas que le système précédent ait suffisamment modernisé l'ensemble du parc roulant pour qu'il n'y ait plus de potentiel», a estimé Carlos Tavares.

Le numéro deux de Renault a par ailleurs évoqué des efforts d’économies « dans tous les domaines » qui doivent permettre au groupe de traverser la période actuelle. Il n'envisage pas de nouvelles suppressions d'emplois. «Nous sommes capables pour l'instant de maintenir le bateau à flot» grâce aux ventes à l'international, notamment en Amérique du Sud, en Russie ou dans le Maghreb.

Ce message n'enthousiasme pas les investisseurs ce mercredi à la Bourse de Paris. Vers 12h20, le titre perd 5%, signant la plus forte baisse du CAC 40.