PSA Peugeot Citroën a annoncé jeudi son intention de supprimer 8.000 postes supplémentaires sur ses sites français, ce qui passera par l'arrêt de son usine d'Aulnay-sous-Bois (3000 salariés)  en 2014.

Outre la fin de la production à Aulnay, ce plan prévoit la suppression de 1 400 postes à l'usine de Rennes et de 3 600 emplois dans les effectifs hors production tous sites confondus, dont 1 400 en recherche et développement. PSA s'est engagé à reclasser un maximum de salariés et à attribuer un nouveau modèle à Rennes pour l'après 2016.

«Je suis totalement conscient de la gravité des annonces faites aujourd’hui» a déclaré le président Philippe Varin dans un communiqué. «La profondeur et la persistance de la crise impactant notre activité en Europe ont rendu ce projet de restructuration indispensable».
Les experts du groupe tablent une contraction du marché de l’automobile en Europe de 8% cette année. «Ceci étant, entre 2007 et fin 2012, le recul du marché s’élèvera à 23%» a fait observer M Varin.

Entre janvier et fin juin Peugeot n’a travaillé qu’à 76% de ses capacités.

La compagnie devrait afficher des pertes nettes à l’issue du premier semestre de l’année et 700 millions d’euros de pertes opérationnelles pour la seule division de fabrication des véhicules. Le flux de trésorerie opérationnel devrait rester négatif jusqu’en 2014.

La semaine dernière, le constructeur français avait fait état d’une chute de ses ventes à la fin du premier semestre de 13% à 1,62 million de véhicules (contre une baisse de 3,3% pour Renault et une progression de 10% pour Volkswagen).

La compagnie doit faire face à un affaiblissement important de la demande pour ses petits véhicules, en particulier la Peugeot 508 et la Citroen C5.

La direction s’est engagée à faire de son mieux pour tenter de repositionner au moins la moitié des salariés qui se retrouveront dépourvus d’emploi.

Suite à cette annonce, les syndicats n’ont pas hésité à se manifester, parlant de « déclaration de guerre » et de «tremblement de terre ».

La ministre des affaires sociales, Marisol Touraine, s’est indignée de cette décision de supprimer plusieurs milliers d’emplois prise « par une société qui a bénéficié ces dernières années de plusieurs millions d’euros d’aide de l’Etat sous la forme de subventions».
«Nous ne pouvons pas accepter une telle chose» a-t-elle déclaré à Europe 1.

« Un expert a été nommé par le gouvernement pour examiner les finances de Peugeot. Un rapport devrait être rendu dans deux semaines » a-t-elle précisé.

Sur les marchés, vers 10h, l'action Peugeot occupe la deuxième place dans le classement des meilleures performances des valeurs du Cac 40. Le titre gagne 3,78% à 7,414 euros.