Après le choc de l’annonce par PSA de la suppression de 8000 postes en France, le gouvernement va mettre en place un plan de soutien à l’ensemble de la filière automobile française. Ce plan n’est pas encore prêt et fait encore l’objet de discussions au sein de l’exécutif, mais il pourrait être dévoilé d’ici la fin du mois.

« Nous écartons la prime à la casse et nous nous dirigeons vers des formes de soutien massif vers les véhicules innovants et propres, hybrides et électriques », a expliqué ce matin sur France Inter le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. « Nous sommes très tentés d'accentuer les mesures liées au bonus malus écologique », qui vise à réduire les émissions de CO2 des nouveaux modèles et à accélérer la transition vers les véhicules hybrides et électriques, car « nous avons là un avantage compétitif et comparatif très fort en France, chez nos constructeurs français », a-t-il précisé. En effet, Renault a fait de l'électrique un axe majeur de son développement, tandis que PSA Peugeot Citroën privilégie l'hybride.

Pas de prime à la casse, mais une aide à l'achat? 

Ces propos font écho au ‘livre blanc’ de l’Acsia (Association des Collectivités Sites d’Industrie Automobile) paru fin juin qui préconise, entre autres, de rendre le marché français plus clairement hostile (fiscalement) aux véhicules gros émetteurs de carbone et encombrants et de soutenir la production de petits véhicules en France.

M. Montebourg, qui doit recevoir ce soir le patron de PSA afin d'obtenir un allégement du plan de restructuration annoncé, a indiqué que le soutien de l’Etat à la filière ne se ferait pas sans « contreparties ». « On n'a rien sans rien, on donne des aides publiques, les contribuables sont aux côtés d'une entreprise pour l'aider à se redresser, à se sauver et à réussir, eh bien il y a des contreparties », a-t-il déclaré.

Du côté des ménages, s'il a écarté le retour de la prime à la casse - trop coûteux- le ministre a dit « réfléchir à une bonne mesure qui permette d'imaginer que les Français puissent accéder à la voiture moins cher », sans trop accentuer leur endettement. Il a cependant refusé de donner de plus amples détails sur cette mesure.

Vers 11h40, le titre Peugeot progresse de 3,4% à la Bourse de Paris, tandis que Renault stagne, sur un marché en hausse de 0,8%.