Pire que prévu. Les résultats de PSA au premier semestre confirment la perte de vitesse du premier constructeur automobile français, qui doit affronter la colère de ses salariés et du gouvernement après l’annonce d’un plan de 8000 suppressions de postes en France.

Alors que les salariés d’Aulnay manifestaient ce matin devant le siège parisien, PSA a dévoilé un nouveau plan d’économies de 1,5 milliard d’euros destiné à rétablir l’équilibre opérationnel. « La dégradation durable de la demande en Europe rend aujourd’hui nécessaire, au-delà des mesures de réduction des coûts et de gestion du cash mises en place début 2012 et en cours d’exécution, un plan de 1,5 Mds€ en 2015, explique PSA. « Ce plan 'Rebond 2015' permettra de dégager un cash flow opérationnel à l’équilibre fin 2014 », précise le groupe dans un communiqué.

600 millions d'économies liées aux suppressions de postes

Ce plan comprend la « réorganisation de la base industrielle française » déjà annoncée le 12 juillet, qui prévoit notamment l’arrêt de la production à Aulnay en 2014 et des réductions d’effectifs à l’usine de Rennes. PSA en attend 600 millions d’euros d’économies d’ici 2015. Le reste des économies proviendra d’une diminution des investissements, pour 550 millions d’euros, et des synergies attendues de l’alliance avec l’américain General Motors (350 millions).

« L’ensemble de ces mesures contribuera à restaurer la performance de la division Automobile en augmentant le taux d’utilisation des usines en Europe et en réduisant la base de coût en Europe avant que les effets de l’Alliance avec GM ne se fassent pleinement sentir. Elles seront soutenues par la poursuite de la montée en gamme des marques et le développement de la globalisation, avec de nouvelles capacités opérationnelles », assure PSA.

Pas d'amélioration du marché européen au S2

Au premier semestre, le chiffre d’affaires de la division automobile a chuté de 10,5% à 20,2 milliards d’euros, entraînant les comptes du groupe dans le rouge. La perte, supérieure aux attentes, se monte à 819 millions d’euros, alors que le groupe avait dégagé un bénéfice de 809 millions un an plus tôt.

Le groupe s’attend à un repli du marché automobile européen de l’ordre de 8% sur l’ensemble de l’année, ce qui devrait entraîner un nouveau recul de son chiffre d’affaires au second semestre. « Fin 2012, le Groupe vise à stabiliser sa dette nette à un niveau proche de celui de juin 2012, grâce à son plan de réduction des coûts de 1 Md€, ses cessions d’actifs, dont l’ouverture du capital de GEFCO, et le retour des stocks au niveau de 2010 », précise-t-il.

« En 2013, le rythme de consommation de cash opérationnel devrait être divisé par deux », ajoute-t-il. Si ces mesures sont plutôt bien accueillies par les marchés, elles comportent un risque d’exécution lié à l’opposition du gouvernement aux mesures drastiques annoncées par PSA.

Vers 11h45, le titre Peugeot gagne 3,8% à la Bourse de Paris, sur un marché en hausse de 0,7%.