Tout le monde se penche sur le cas PSA. Depuis que le groupe a annoncé la fin de ses activités d’assemblage à Aulnay (en 2014) et la suppression de 8000 postes en France, le gouvernement et les syndicats préparent leur riposte à coup de rapports d’experts. Le premier d’entre eux a été remis ce mardi au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Il dresse un tableau plutôt sombre de la situation du groupe, « pris entre des ventes qui diminuent, des surcapacités et des perspectives de reprise du marché qui s'éloignent ».

« PSA doit d'urgence redresser la situation (…)En ce sens, la nécessité, dans son principe, d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n'est malheureusement pas contestable », estime Emmanuel Sartorius, l’auteur principal de ce rapport, haut-fonctionnaire spécialiste de l’industrie.

Selon lui, PSA a pâti d'un certain nombre d’erreurs stratégiques, à commencer par des objectifs commerciaux trop ambitieux. « Dans la décennie 2000, le groupe a visé un objectif de production de 4 millions de voitures par an, alors qu'il n'a jamais dépassé 3,6 millions. Son outil de production est donc surdimensionné ». En Europe, le taux d’utilisation des capacités de production serait de seulement 61,4%.

Le salut dans une alliance? 

« Par ailleurs, le groupe paye probablement aujourd'hui les conséquences de sa taille modeste (8ème constructeur mondial), résultat d’une prise de conscience tardive de l’importance des marchés émergents dans une économie de l'automobile qui s'est mondialisée en moins de 20 ans », poursuit l’auteur. Il estime que « sur le moyen et le long terme, l'avenir de PSA passe par une stratégie d'alliance avec un grand constructeur mondial ».

Car c’est le paradoxe pointé par ce rapport : « trop gros » en Europe, PSA n’a pas la taille suffisante pour concurrencer les tout premiers constructeurs mondiaux, comme l’américain GM, l’allemand Volkswagen, le japonais Toyota ou même l’alliance Renault-Nissan.

Au-delà du seul redressement financier, l’enjeu pour le groupe réside donc dans ce développement international, « seul à même d'écarter, à conditions de marché constantes, la perspective d'un autre plan dans un avenir plus ou moins proche ». Cependant le rapport ne se prononce pas sur l’alliance avec GM, se bornant à demander une « analyse de l’impact des projets de rationalisation en matière de plateformes sur les sites industriels de PSA et veiller à l'équilibre des transferts de charges entre eux. »

Vers 14h50, le titre Peugeot cède 1,5% à la Bourse de Paris, sur un marché en baisse de 0,5%.