PSA a trouvé un repreneur pour sa filiale logistique, Gefco, qui livre ses voitures à travers le monde. Le groupe est entré en négociations exclusives avec le russe JSC Russian Railways (en russe, « RZD ») en vue de lui céder 75% du capital de l’entreprise. Le produit de la cession serait de 800 millions d’euros, auquel s’ajouterait un dividende exceptionnel de 100 millions versé par Gefco. « L'offre des chemins de fer russes a été reconnue comme étant la plus intéressante », souligne RZD dans un communiqué. Elle est en tout cas conforme aux estimations des analystes qui valorisent l’entreprise autour d’un milliard d’euros.

Ce rachat permettrait à Gefco de « poursuivre sa stratégie d'expansion géographique, en Chine, en Inde et en Amérique latine », mais aussi en Russie, et « assurerait aux salariés une forte croissance de l'activité dans les années à venir », assure PSA. La continuité du management serait également garantie, Luc Nadal conservant ses fonctions de direction. Le siège social resterait en France.

Une activité rentable

De son côté, le groupe russe, qui gère l’un des plus grands réseaux ferroviaires au monde, précise qu’il entend conserver toutes les unités de Gefco y compris celles qui travaillent exclusivement pour PSA Peugeot-Citroën. L’opération doit encore être soumise aux instances représentatives du personnel ainsi qu’aux autorités de la concurrence.

En cédant une part majoritaire dans sa filiale, PSA va engranger de l'argent frais mais aussi se priver d'une activité très rentable. En 2011, Gefco a réalisé un chiffre d’affaires de 3,78 milliards d’euros (dont 62% avec PSA) et un résultat opérationnel de 220 millions. Sa marge, 5,8%, est deux fois supérieure à celle de sa maison-mère. Mais le premier constructeur automobile français et deuxième européen, qui souffre de la chute des ventes en Europe, son principal marché, n'a pas vraiment le choix. Il a essuyé une perte nette de 819 millions d'euros au premier semestre et prévoit de réaliser 1,5 milliard d'euros d'économies d'ici à 2015. Il a dû geler des investissements et surtout annoncer la suppression de 8 000 postes en France et la fermeture de son site d'Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, en 2014.

Vers 12h05, le titre empoche 1,5% sur un marché en baisse de 0,7%. Depuis le début de l’année, il accuse une baisse de 38%.