Après une hausse de 3,6% en 2011, les volumes mondiaux de vente de Renault pourraient stagner cette année en raison de la contraction du marché automobile européen et malgré les lancements de plusieurs modèles dont la Clio IV, la Zoé électrique et la nouvelle Dacia Sandero.

« Étant donné la dégradation des marchés européens, qui représentent 50% de nos volumes, notre prévision d'augmenter nos ventes mondiales cette année est (…) fortement sous pression », indique le patron du constructeur, Carlos Ghosn, dans une interview accordée au Figaro. « Le marché européen est vraiment très mauvais. Il devrait chuter d’environ 8% en 2012, alors que nous prévoyions une chute de 3% en début d’année, et de 6 à 7% en juillet. Malheureusement, nous ne voyons pas d’amélioration l’an prochain: le marché sera au mieux stable ou, plus probablement, légèrement en baisse », ajoute-t-il.

La baisse du coût du travail, seule solution


En 2011, le groupe avait subi une chute de 5,7% de ses volumes en Europe alors que le marché s’était replié de seulement 1,7%. Toutefois, M. Ghosn n’envisage pas de fermeture d’usines contrairement à son concurrent PSA. « Notre problème n’est pas tellement lié aux surcapacités de production. Aujourd’hui, le principal sujet de Renault, notre urgence même, c’est notre compétitivité en France », indique M. Ghosn qui plaide pour une baisse du coût du travail et une « flexibilisation » du travail dans l’industrie.

S’il estime que les annonces du gouvernement sur la réforme du financement de la protection sociale vont dans le bon sens, le patron de Renault entend également ouvrir une négociation avec les syndicats, d’ici la fin de l’année, afin que le groupe « gagne en compétitivité ». C’est à cette condition que le Renault pourra préserver ses emplois, prévient-il.

Vers 15h45, le titre recule de 0,9% à la Bourse de Paris sur un marché en hausse de 0,6%.