La première partie du rapport Secafi, dévoilée ce jeudi chez PSA, a suscité des interprétations divergentes parmi les représentants du personnel. Pour la plupart d’entre eux, ce rapport va dans le même sens que celui remis en septembre par l'expert du gouvernement, Emmanuel Sartorius. Ce dernier critiquait durement direction et actionnaires pour leur stratégie et leur manque de dialogue, mais jugeait «nécessaire » le plan de restructuration annoncé par le direction (plus de détails ici).

Aujourd'hui, seule la CGT a voulu voir dans les conclusions de Secafi une remise en cause du plan d’économies et de réductions d’effectifs annoncé fin juillet par le groupe. « On est très loin des déclarations alarmistes de la direction PSA, de certains commentateurs et du rapport Sartorius, qui sur la base d'une analyse très superficielle voulait justifier le plan de casse de l'emploi et la fermeture de l'usine d'Aulnay », affirme le syndicat dans un communiqué. Secafi « ne considère nullement que la production automobile en Europe n'est pas rentable », ajoute-t-il et « conteste l'assertion de Philippe Varin (patron de PSA) selon laquelle "le groupe PSA brûlerait 200 milions d'euros de cash par mois ».

"Le malade est bien malade"

Pour les autres syndicats, le rapport confirme au contraire ce chiffre et souligne l’urgence de la situation. « Le malade est bien malade. Aujourd'hui, il faut passer à la thérapie », a ainsi commenté Christian Lafaye chez FO. « Secafi a confirmé les deux points forts du rapport Sartorius, à savoir que la direction avait fait des erreurs stratégiques et que la réorganisation était inévitable », a ajouté Tanja Sussest, déléguée du SIA, principale organisation syndicale de PSA Aulnay. Selon elle, la direction va s'en servir pour faire accepter son plan.

Secafi présentera le deuxième volet de son rapport sur l'organisation industrielle le 6 novembre, un volet stratégique et environnemental le 12 novembre et enfin un volet social le 15 novembre. Le processus de restructuration de l'entreprise est suspendu aux conclusions de ce rapport. Entre-temps, trois réunions tripartites (Etat, direction syndicats) devraient avoir lieu. Selon le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, la première, prévue le 25 octobre, vise à "rediscuter" le plan de restructuration.