Face à une demande en berne sur son principal marché, l’Europe, Renault compte plus que jamais sur son partenaire japonais. L’alliance avec Nissan doit générer quatre milliards d’euros de synergies supplémentaires d’ici 2016, aurait déclaré Carlos Ghosn lors d’une convention organisée fin septembre pour le management du groupe.

Depuis leur mariage en 1999, les deux partenaires mettent en commun un nombre croissant de moyens afin d'optimiser leurs coûts : achats, systèmes informatiques, mais aussi moteurs et plates-formes. « L'objectif (de cette convention) était de voir comment, au bout de 13 ans, l'alliance pouvait accélérer ses synergies dans tous les domaines », a indiqué à Reuters une source proche de Renault.

Les deux partenaires réfléchiraient à un renforcement de leur holding Renault-Nissan BV, basée aux Pays-Bas, qui gère les achats et les systèmes informatiques mais aussi à la mise en place de nouvelles collaborations, notamment dans la logistique.

Pas de modification de l'alliance


En 2011, Renault-Nissan a réalisé 1,7 milliard d'euros de nouvelles synergies et vise un montant de 2,1 milliards d'euros en 2012. Une porte-parole de Renault a reconnu lundi que le montant des synergies « était voué à être de plus en plus conséquent au fil du temps ». Elle a en revanche démenti les rumeurs d’une modification de l’alliance elle-même.

Renault détient actuellement 43,4% de Nissan, et Nissan 15% de Renault. Or, la capitalisation boursière de Renault est trois fois moins importante que celle de son partenaire japonais (10 milliards d’euros contre 30 milliards pour Nissan), reflet de performances de plus en plus divergentes entre les deux constructeurs. Les ventes de Nissan ont bondi de 14% en 2011, dépassant largement celles de Renault (en hausse de 4,6%) et le constructeur japonais a contribué pour plus de la moitié aux bénéfices du groupe français.

Malgré ces divergences, les investisseurs ont bien accueilli l'annonce d'un renforcement de la collaboration. Renault s'est apprécié de 4,7% lundi à la Bourse de Paris. Depuis le début de l'année, l'action a repris 25% après une chute de 40% en 2011.