PSA met ses actionnaires au régime sec. Le constructeur qui a vu son chiffre d’affaires baisser de 3,9% au troisième trimestre, s’est engagé mercredi à ne pas distribuer de dividendes ou effectuer de rachat d’actions pendant trois ans, le temps pour lui de sortir de la garantie de l’Etat accordée à sa filiale bancaire, Banque PSA Finance.

Vers 11h40, le titre Peugeot cède 4,5% à la Bourse de Paris sur un marché en
hausse de 0,3%.

Banque PSA Finance offre des crédits aux clients du groupe. Face à une situation de liquidité préoccupante, elle a accepté le soutien de l’Etat qui demande en échange un aménagement du plan social annoncé fin juillet par le groupe. Le gouvernement souhaite que PSA « fasse des propositions aux salariés, aux représentants pour améliorer ces propositions, l'objectif pour nous, c'est pas de licenciements secs, pas de personnes sans solutions », a déclaré ce matin le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, au micro de France Inter.

« Notre plan de restructuration est en cours (de discussion) avec les différents représentants du personnel, on ne peut pas préempter les conclusions d'un dialogue qui est en train de se dérouler », a rétorqué le directeur financier Jean-Baptiste de Chatillon lors d'une conférence téléphonique. Le groupe a néanmoins fait un geste en annonçant que la remplaçante de la Citroën C5 sera assemblée dans l'usine de Rennes, très touchée par le plan de restructuration du constructeur automobile. Il a également accepté l'entrée au conseil de surveillance d'un représentant des salariés et celle d'un représentant de l'Etat.

Chute de 8,5% des ventes dans l'automobile

C’est dans ce contexte tendu que PSA a publié mercredi son chiffre d’affaires trimestriel, en baisse de 3,9% à 12,9 milliards d’euros. Les ventes de la division automobile ont reculé de 8,5% à 8,5 milliards, affectées par la chute du marché européen. « Le Groupe s'attend à un marché automobile en baisse de 9% en Europe, à une croissance de l'ordre de 7% du marché chinois, de l'ordre de 5% en Amérique Latine et de l'ordre de 11% en Russie. Le Groupe constate également au 3ème trimestre un environnement concurrentiel plus difficile en raison de la pression renforcée sur les prix et de la poursuite de la dégradation des marchés en Europe du Sud », précise-t-il dans un communiqué.

En revanche, PSA souligne l’évolution favorable du « mix produit » grâce au lancement réussi de la Peugeot 208 et à la montée en puissance de la Citroën DS. L’alliance nouée au début de l’année avec l’américain General Motors est également sur les rails : les deux groupes ont sélectionné quatre projets de développement de voitures en commun et souhaitent mettre en place rapidement une organisation commune des achats. « D’autres pistes » de collaboration seront explorées, a indiqué GM, sans pour autant confirmer les rumeurs d’une fusion entre Opel, sa filiale européenne en difficulté, et Peugeot-Citroën. « La phase II des discussions a commencé peu de temps après l'annonce initiale de l'alliance et a couvert plusieurs hypothèses, comme la vente d'Opel à PSA, le rachat de l'activité automobile de PSA ou le regroupement des deux dans une nouvelle entité », avait déclaré une source citée vendredi par l’agence Reuters.

D’autres rumeurs circulent depuis l’annonce des difficultés du constructeur. Robert Peugeot, PDG de la holding familiale FFP qui détient 19% de PSA, a ainsi démenti mercredi un article de Libération selon lequel il souhaiterait que la famille sorte de l'automobile en vendant cette activité à General Motors et achève ainsi de transformer cette holding en fonds d'investissement.