Le constructeur automobile français Renault va investir 200 millions d'euros dans son usine de Curitiba au Brésil, a-t-on appris mardi. C’est le PDG du groupe, Carlos Ghosn, qui a annoncé cet investissement destiné à augmenter la capacité de production sur ce marché en pleine croissance et rentable.

La capacité annuelle du complexe Ayrton Senna, où sont notamment fabriquées des Scenic, Megane, Sandero et des utilitaires, passera progressivement de 280 000 unités à 380 000, ce qui devrait permettre à Renault d'augmenter sa part de marché de 5 à 8%, a précise M. Ghosn. Le Brésil constitue déjà le deuxième débouché du groupe après la France, et Renault prévoit d’y écouler 200 000 véhicules cette année. D’une manière générale, le groupe est bien implanté en Amérique du Sud avec des unités de production en Argentine, au Chili ou encore en Colombie.

France: pas de fermeture d'usine mais une réorganisation


Pendant ce temps, la direction a présenté mardi aux syndicats un projet de réorganisation de ses activités en France. « Avec plus d'une dizaine de sites de production sur le territoire, l’appareil industriel de Renault en France est dispersé. Cela constitue un handicap pour chaque site, notamment en termes de coûts fixes », indique Renault dans un communiqué. La direction propose de regrouper les sites au sein de deux ensembles régionaux en mutualisant les fonctions de « back office » (comptabilité, ressources humaines, maintenance, achats, logistique, communication). Le pôle ‘Ouest’ regrouperait les unités situées dans la Vallée de Seine, Choisy Le Roi et Le Mans ; le pôle ‘Nord-Est’ regrouperait les sites de Douai, STA, MCA et SOVAB. Renault évoque également la nécessité d’une « plus grande fluidité des mouvements de personnel » entre les sites.

En échange de ces mesures, la direction « pourrait s’engager à ne pas fermer d’usine en France, malgré un marché européen sans véritable croissance à l’horizon du plan Renault 2016 Drive the Change », indique-t-elle. Les négociations devraient se poursuivre au moins jusqu’à la fin de l’année afin d’aboutir à un « accord de compétitivité » plus large au sein de l’entreprise. Dans ce cadre, « tous les leviers d’efficacité opérationnelle » seront abordés, y compris la politique salariale et le temps de travail, ajoute Renault. Le groupe a fait état d’une baisse de ses volumes au troisième trimestre (-5,8%), en raison d’une chute des ventes en Europe (-18%). Il prévoit un marché européen stable voire en légère baisse en 2013.

Le titre s’est replié de 0,9% mardi sur un marché parisien en hausse de 0,6%.