Volkswagen met le turbo. Le groupe aux douze marques automobiles, parmi lesquelles Audi, VW, Skoda ou encore Porsche, a dévoilé vendredi un plan d’investissement sans précédent dans l’histoire de l’industrie automobile, d’un montant de 50,2 milliards d’euros sur trois ans. Près de la moitié de cette somme -23 milliards - sera consacrée à la modernisation des usines et à la fabrication de nouveaux modèles en Allemagne, a indiqué le groupe dans un communiqué.

« Nous investissons comme jamais par le passé, afin d’atteindre nos objectifs sur le long terme. Cet investissement est la clé pour assurer au Groupe Volkswagen le leadership sur les plans de la technologie et de l’innovation », a commenté le président du directoire, Martin Winterkorn. Cette annonce intervient alors même que les prévisions de croissance du marché automobile mondial sont aujourd’hui beaucoup plus faibles qu’en début d’année. L’agence Moody’s a récemment revu ses prévisions et table pour 2013 sur une croissance des ventes de 2,9%, contre 4,4% cette année. En cause, la demande plus faible que prévu en Europe et en Chine qui continuera à peser sur les ventes des constructeurs l’année prochaine.

Quatre nouvelles usines en Chine

Mais cela ne semble pas inquiéter Volkswagen, dont les résultats battent tous les records. Au troisième trimestre, le constructeur de Wolfsburg a engrangé 11,3 milliards d’euros de bénéfices tout en renforçant sa présence dans les pays émergents. Ce succès repose, selon M. Winterkorn, sur « douze marques (allant du low cost de Skoda au luxe de Porsche, ndlr), une gamme de produits récents et attractifs, une présence croissante dans toutes les régions importantes du monde et une production flexible ».

S’il insiste sur la place centrale de l’Allemagne dans son dispositif industriel, le groupe entend également renforcer sa présence sur les marchés émergents. Il prévoit notamment la construction de quatre nouvelles usines en Chine, deux au Mexique et une en Russie. Près de dix milliards d’euros d’investissement sont ainsi programmés par ses coentreprises chinoises, qui viennent s’ajouter aux 50,2 milliards provisionnés par la maison-mère.

Ces chiffres ont de quoi faire peur à la concurrence, et pas seulement européenne. Volkswagen s’apprête à investir presque autant en foncier, usines et équipements au cours des trois prochaines années que Toyota et General Motors réunis, souligne l'agence Reuters. L’objectif est clair : détrôner GM du rang de premier constructeur automobile mondial. Quant à Renault et PSA, qui ont investi l’an dernier un peu plus de 6 milliards d’euros à eux deux, ils vont devoir se contenter des miettes.