Dans la période délicate traversée par PSA Peugeot Citroën, le groupe s’apprête à nommer un nouvel administrateur en la personne de Louis Gallois. Le commissaire général à l’investissement et ex patron d’EADS sera chargé de « faire le lien » entre le premier constructeur automobile français et l’Etat, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP.

Sa nomination doit être entérinée mardi lors d’un conseil de surveillance du groupe, précise Le Monde. Elle devra ensuite être validée par l’assemblée générale des actionnaires.

Fin octobre, le gouvernement était venu au secours de Banque PSA, la filiale de crédit automobile du groupe, à laquelle il avait accordé une garantie de 7 milliards d’euros pour lui permettre de se refinancer. D’après Barclays Bourse, le groupe serait d’ailleurs sur le point de finaliser un accord avec ses banques prévoyant un crédit syndiqué de quatre milliards d'euros, en plus de la garantie publique.
En échange de son soutien, le gouvernement avait exigé des contreparties en matière de gouvernance et de rémunération des actionnaires. Bien qu'il reste à 100% privé, PSA avait dû s'engager à ne pas verser de dividendes à ses actionnaires tant qu'il bénéficiera de cette aide.

Côté gouvernance, le gouvernement avait exigé un droit regard sur la stratégie de l'entreprise via un comité de suivi et la nomination d'un administrateur indépendant validé par l'Etat. C’est cette dernière fonction, un peu particulière, que M. Gallois va devoir assumer. Il siégera au conseil de surveillance et pourra ainsi peser sur la stratégie.

Ex patron d’EADS et de la SNCF, M. Gallois jouit d’une certaine autorité depuis la remise de son rapport sur la compétitivité, dont certaines propositions ont été reprises par le gouvernement. Parmi elles, la baisse du coût du travail a été bien accueillie par le monde industriel, notamment par les constructeurs automobiles qui en font une condition sine qua non du maintien d’une partie de leur production en France.