Après Peugeot, Renault taille dans ses effectifs. Le deuxième constructeur automobile français entend supprimer 7500 postes dans ses usines françaises d’ici 2016, a annoncé une porte-parole mardi. Il compte notamment pour cela sur 5.700 départs naturels, et exclut tout plan de départs volontaires, d’après l’agence Reuters.

Les suppressions de postes envisagées représentent 14% environ de l'effectif actuel de Renault dans l'Hexagone. A titre de comparaison, PSA a annoncé fin juillet la suppression de 8000 postes dans les deux prochaines années (12% de ses effectifs français), un chiffre qui a ensuite été porté à 11 124, selon les syndicats. Le groupe a également annoncé la fermeture de son usine d’Aulnay-sous-Bois en 2014.

Augmentation du temps de travail

En échange d’un engagement à ne pas fermer de site, Renault a ouvert fin 2012 des négociations avec les syndicats portant sur une « réorganisation de sa base industrielle » en France. L’objectif affiché est de mettre ses usines françaises au même niveau de compétitivité qu’en Espagne ou au Royaume-Uni. « Nous travaillons sur plusieurs éléments, comme le temps de travail, la flexibilité de la gestion de l'outil, la possibilité de travailler avec des regroupements de sites. Il faut attendre la fin de la négociation pour voir les résultats, c'est une question de semaines, plutôt que de mois », a indiqué le PDG du groupe, Carlos Ghosn, lundi lors de l’ouverture du salon de Détroit.

La semaine dernière, la direction avait déjà annoncé vouloir revenir aux 35 heures par semaine (soit un total de 1.603 heures par an contre 1.500 heures en moyenne actuellement) sur tous les sites français. Pour les syndicats, le déficit de compétitivité des usines françaises est lié à la délocalisation d’une grande partie de la production du groupe et au manque de volumes affectés aux sites tricolores. Les réductions d’effectifs ne faisaient pas partie à priori du champ des négociations menées jusqu’à présent.

Vers 17h05, le titre Renault gagne 1,6% à la Bourse de Paris, sur un marché en baisse de 0,2%.