Le marché automobile européen, qui a connu une année noire en 2012, aurait encore trois ou quatre années de vaches maigres devant lui, d’après le patron de Renault. Les ventes de voitures en Europe ne progresseront pas au cours des trois à quatre prochaines années, a déclaré Carlos Ghosn mardi lors d’un congrès consacré à l’industrie automobile.

Le 18 janvier, Renault avait déjà indiqué qu’il tablait sur un repli du marché européen cette année, de l’ordre de 3% après une chute de 8,2% l’année dernière. Le constructeur espère toutefois mieux résister qu’en 2012, où il a rétrogradé de la deuxième à la troisième place du marché automobile européen derrière Volkswagen et Ford (lire : Renault passe sous les 10% de part de marché en Europe).

Par ailleurs, Carlos Ghosn mise sur la croissance de ses ventes à l’ « international », notamment sur les marchés en plein essor d’Amérique latine, en Russie et en Chine. Il doit d’ailleurs signer dans les prochaines semaines un accord avec le constructeur chinois Dongfeng Motor pour la construction d’une usine à Wuhan, dans le centre du pays. Renault est à l'heure actuelle l'un des seuls grands constructeurs mondiaux à ne pas fabriquer de voitures sur le premier marché automobile mondial.

Son partenaire japonais Nissan est en revanche bien implanté sur ce marché, qui représente à lui seul 27% de ses ventes en volumes. Toutefois, sa part de marché a reculé en 2012 en raison des tensions politiques entre la Chine et le Japon, tombant à 6,3% au deuxième semestre contre 7,5% en début d’année.
Le titre Renault affiche une cinquième séance de hausse consécutive mercredi, où il figure parmi les plus fortes hausses du CAC 40. Depuis le début de l’année, il a pris 10% alors que le groupe a annoncé un plan réduction d’effectifs portant sur 7500 postes. Il espère aboutir, au mois de février, à un accord avec les syndicats sur ces suppressions de postes ainsi que sur un ensemble de mesures destinées à améliorer la compétitivité de ses usines françaises.