L’Etat va-t-il voler à nouveau au secours de PSA ? D’après le journal Libération, la situation du constructeur « inquiète l’exécutif » qui envisagerait une prise de participation publique au sein du groupe.

« A ce stade, (il ne s’agit que d'une hypothèse de dernier recours, au cas où le groupe ne parviendrait pas à endiguer ses pertes ». « Mais si une augmentation de capital se révélait indispensable, l'Etat pourrait y participer », précise le journal. Rappelons que l’Etat a déjà apporté sa garantie à Banque PSA Finance, la filiale de crédit du groupe automobile, mise en diffculté par les pertes de sa maison-mère. Réagissant aux informations de Libé, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a estimé qu’une prise de participation, via le Fonds stratégique d’investissement (FSI) était « possible ». Il a toutefois refusé de confirmer que le scénario était à l’étude à l’Elysée. « Soyons clair, cette entreprise ne peut pas, ne doit pas disparaître. Donc il faudra faire ce qu'il faudra pour que cette entreprise » subsiste, a-t-il ajouté.

Vers une perte historique en 2012

Hier, PSA a annoncé une dépréciation massive d’actifs qui entraînera une perte historique au titre de 2012. « Dans le cadre de l'arrêté des comptes 2012, et conformément à la recommandation de l'Autorité des Marchés Financiers sur les normes comptables, PSA Peugeot Citroën a procédé à l'analyse de l'écart de valeur entre les capitaux propres inscrits au bilan et leur valorisation économique, reposant sur l'actualisation des flux futurs de trésorerie »,a indiqué le constructeur dans un communiqué. « Cet écart conduit à une dépréciation de la valeur globale des actifs de la division Automobile » de 4,1 milliards d’euros.

PSA a ajouté que l'ensemble des charges - 4,13 milliards d'euros auxquels viennent s'ajouter 612 millions enregistrés au premier semestre - auraient un impact de même montant sur le résultat net, part du groupe, dont la publication est programmée pour mercredi prochain.

Les analystes tablaient jusqu’à présent sur une perte nette (hors dépréciations) de 1,6 milliard d’euros pour l’année écoulée. Compte tenu de l’annonce d’hier, cette perte pourrait donc dépasser les 6 milliards. Toutefois, précise le groupe, les dépréciations ne remettent pas en cause les objectifs de free cash flow et n’affectent ni la solvabilité ni la liquidité de l’entreprise, n’entraînant aucun décaissement. PSA verra en revanche ses fonds propres diminués de 6 milliards, d’où l’éventualité d’une augmentation de capital.

Vendredi en fin de matinée, le titre cède 2% sur un marché parisien en hausse de 0,3%.