Drôle de journée pour PSA. Le groupe qui a annoncé ce matin une perte historique de plus de 5 milliards d’euros en 2012, se retrouve en tête des plus fortes hausses de la Bourse de Paris à la mi-journée.

Vers 13h10, le titre caracole en tête du SBF 120, gagnant 6% sur un marché en hausse de 0,1%. Le titre de Faurecia, filiale à 57% du constructeur, s’adjuge quant à lui 5,6%.

Plusieurs justifications à cette hausse peuvent être apportées. Premièrement, PSA avait préparé les investisseurs à cette perte, en annonçant la semaine dernière des dépréciations massives dans sa division automobile. Ces dépréciations, d’un montant global de 4,1 milliards d’euros, ont plombé les comptes même si elles ne sont pas seules en cause. La division automobile, la principale du groupe, a accusé une perte d’1,5 milliards d’euros, reflet de « la détérioration de l’environnement dans le secteur automobile en Europe» et de ventes en baisse (-5,2%).

Deuxièmement, le groupe s’est voulu rassurant sur sa solidité financière, assurant qu’il n’avait besoin d’une aide de l’Etat. Dans un communiqué, il précise que « les dépréciations enregistrées n'entrainent aucune sortie de trésorerie et sont réversibles, elles entrainent un réajustement de la base amortissable des années futures ». Autrement dit, il s’agit là de simples écritures comptables qui ne vont pas peser sur l’opérationnel.

La restructuration avance malgré tout

Le véritable défi pour PSA est de redevenir rentable dans ses activités automobiles, alors qu’il reconnaît lui-même « brûler » 200 millions d’euros de trésorerie par mois. Pour ce faire, la direction a engagé un vaste plan de restructuration, qui prévoit des milliers de suppressions d’emplois et la fermeture de l’usine d’Aulnay en 2014.

En 2012, le groupe a déjà réalisé des efforts significatifs de réduction des coûts, dépassant même son objectif initial d’1 milliard d’économies (1,18 milliards au final). Il a aussi cédé pour 2 milliards d’euros d’actifs (notamment sa filiale de logistique Gefco et le loueur de voitures Citer) contre un objectif initial de 1,5 milliard. « Nous avons dépassé nos objectifs en 2012 », a ainsi pu affirmer Philippe Varin, le directeur général du groupe, lors de la présentation des résultats. « Aujourd’hui, les fondations de notre rebond sont posées», a-t-il ajouté, alors que le groupe vise toujours un retour à l’équilibre opérationnel fin 2014.

Ce volontarisme, ainsi que les « avancées significatives » annoncées hier dans les discussions avec les syndicats, peuvent expliquer la bonne tenue du titre malgré les résultats catastrophiques de ce mercredi. Depuis le début de l’année, l’action a repris 8,5% après une chute de 50% en 2012.