Après une année 2012 marquée par une baisse de ses volumes, Renault mise sur un rebond en 2013 et au-delà grâce au renouvellement de sa gamme et à son entrée en Chine, le plus grand marché automobile du monde. « La Chine est notre nouvelle frontière. En 2012, nous avons réalisé 30 000 ventes sur ce marché ce qui n’est évidemment qu’une goutte d’eau par rapport à la taille du marché (18 millions de véhicules). Nous espérons obtenir cette année l’accord du gouvernement chinois » pour l’implantation d’une usine, la première du groupe dans le pays, a indiqué Carlos Ghosn jeudi lors de la présentation des résultats annuels du constructeur. Cette usine dont les travaux pourraient démarrer au mieux fin 2013 aurait une capacité de 200 000 à 300 000 véhicules et représenterait un investissement d’environ 800 millions d’euros, d’après les informations parues en novembre dans la presse chinoise.

Pour Carlos Ghosn, ce sera un élément essentiel de la croissance de Renault dans les années à venir, avec le renouvellement en cours de la gamme du constructeur. Après le lancement de la Clio IV fin 2012, Renault va accélérer ce renouvellement en 2013 avec le lancement des Clio Sport et Clio Estate (break), du crossover Capture et, chez Dacia, de la nouvelle Logan. Grâce à cette « offensive produits », le groupe espère renouer avec la croissance y compris sur le marché européen où il a beaucoup souffert en 2012. « Nous prévoyons une croissance de nos ventes ainsi que de nos parts de marchés dans l’ensemble des régions, y compris en Europe », a souligné M. Ghosn.

"Ne pas comparer constamment"

Interrogé sur l’écart historique entre le volume de production de Nissan (4,9 millions de voitures en 2012, en hausse de 5,8%) et ceux de Renault (2,5 millions, -6,3%), le patron de l’alliance a indiqué ne pas vouloir « comparer constamment » les deux constructeurs. Du reste, a-t-il ajouté, « la croissance de Renault devrait être plus forte que celle de Nissan ces prochaines années ».

Entre le 1er octobore et le 31 décembre 2012, les volumes mondiaux de Nissan se sont effrités de 3,8% en raison notamment d’une chute de ses ventes en Chine (les produits et marques japonais étant boycottés par une partie des consommateurs chinois en raison d’un différend territorial entre les deux pays). Les ventes en Europe et aux Etats-Unis ont également montré des signes de faiblesse. Cependant M. Ghosn a indiqué la semaine dernière qu’il restait « confiant » dans les perspectives de croissance du constructeur japonais qui va lui aussi procéder à des « lancements importants de véhicules » cette année et devrait bénéficier de la baisse du yen. En 2012, Nissan a contribué pour 1,23 milliard d’euros aux bénéfices de Renault (ce dernier détient 43,4% du constructeur), soit plus des deux tiers du bénéfice du groupe français (1,77 milliard, en baisse de 15%).