La direction de Renault et les partenaires sociaux doivent entériner ce mercredi l’accord de compétitivité souhaité par Carlos Ghosn afin d'affronter la baisse du marché automobile européen tout en maintenant un volume de production suffisant en France.

Mardi, trois syndicats ont approuvé le texte qui prévoit notamment un gel des salaires en 2013, une augmentation du temps de travail et la suppression de 7500 postes en France d’ici 2016. « C’est un plan réaliste qui prend en compte des difficultés qui devraient durer encore trois ans sur le marché européen », déclare le PDG de Renault-Nissan dans une interview accordée aux Echos. « Mais c'est aussi un plan ambitieux qui assure qu'une fois la crise passée, Renault n'aura pas bradé sa ligne de produits, sa stratégie ou ses ambitions géographiques ».

Grâce aux nouvelles conditions de travail ainsi qu’aux suppressions de postes, Renault espère économiser 500 millions d’euros par an. « Il y a aussi des économies indirectes encore difficiles à chiffrer », note Carlos Ghosn. « Par cet accord, la base opérationnelle France démontre à tous nos partenaires industriels qu'elle peut redevenir compétitive. Les usines françaises de Renault redeviennent crédibles et donc attractives », ajoute-t-il.

Pas de fermeture d'usine

En échange des efforts demandés à ses salariés, Renault s’est engagé à ne pas fermer d’usine en France et à ne procéder à aucun plan de sauvegarde d’emploi (PSE) ou de départs volontaires d’ici à 2016. La plupart des suppressions de postes seront des départs naturels non remplacés. Renault prévoit par ailleurs une hausse des volumes produits en France, qui passeraient de 532 000 véhicules aujoud'hui à 710 000 en 2016 grâce à la contribution de ses partenaires, Nissan et Daimler.

Pour la CGT, seul syndicat à s’être opposé au texte, ces engagements sont insuffisants au regard de l'accélération des réductions d'effectifs.  En 2011, le groupe employait 55 000 personnes en France, contre 44 642 aujourd’hui. Ce chiffre devrait chuter à 37 142 fin 2016.

Vers 11h45, le titre cède 1,6% sur un marché en baisse de 0,4%. Depuis le début de l’année, il affiche une hausse de 30%, soit la deuxième meilleure performance du CAC 40. Les investisseurs ont notamment salué la résistance des résultats du groupe dans un environnement difficile en 2102 ainsi que le nouveau plan de compétitivité.