La visite la visite de Jean-Marc Ayrault à Pékin a débuté ce jeudi par une annonce forte : l’implantation de Renault en Chine. Le constructeur français a en effet reçu le feu vert qu’il attendait depuis plus d’un an pour démarrer les travaux de son usine de Wuhan (centre) en partenariat avec le chinois Dongfeng Motors.

Les deux groupes signeront le 16 décembre prochain dans la capitale du Hubei l’acte de naissance de leur coentreprise, dont l’investissement initial se monte à 7,76 milliards de yuans (932 millions d'euros). « Cette alliance permettra à Renault de déployer une stratégie ambitieuse sur le premier marché automobile mondial », a souligné Renault dans un communiqué. Le groupe est le dernier grand constructeur occidental à n’être pas présent en Chine, contrairement à son allié Nissan qui y vend plus d’un million de voitures par an.

150 000 véhicules par an

Avec Dongfeng, le Français s'offre un partenaire de poids: avec 3,08 millions de véhicules vendus en 2012 (16% du marché), il s'agit du deuxième constructeur du pays, derrière son concurrent SAIC -- grand allié de Volkswagen et General Motors, implantés depuis des décennies en Chine. Renault et Dongfeng annoncent qu’ils vont collaborer « sur l’ensemble des activités, dont la recherche et le développement, les achats, la production et le marketing ». L’objectif initial de production - 150 000 véhicules par an- reste relativement modeste au regard des 18 millions de véhicules écoulés chaque année dans le pays. La production « pourra être étendue selon les besoins du marché », précise toutefois Renault.

Les travaux de construction de l’usine devraient durer environ deux ans pour une mise en service en 2016. Reste qu’on en sait très peu sur les modèles qui sortiront de cette usine. Il pourrait s’agir dans un premier temps de Koleos - une gamme de 4x4 urbains actuellement assemblée en Corée du Sud d’où ils sont exportés vers la Chine. Dongfeng a également évoqué la production à Wuhan de « véhicules utilisant des sources d’énergie alternative », autrement dit hybrides ou électriques. Dans ce domaine, Renault a une carte à jouer, lui qui a misé sur le 100% électrique. Pékin veut des véhicules propres pour ses villes déjà noyées dans la pollution. Mais tout reste à faire pour le constructeur français sur un marché où l'on ne l'a pas attendu.

Le titre Renault s’est replié de 1,6% jeudi sur un marché en baisse de 1,2%.