Changement d’échelle pour Fiat, qui vient de racheter le solde de Chrysler pour 4,35 milliards de dollars. Le mariage entre les deux constructeurs donne naissance au septième groupe automobile mondial, loin derrière Volkswagen, General Motors ou encore Renault-Nissan, mais devant PSA. Dans une interview parue vendredi dans la Repubblica, le PDG de Fiat-Chrysler, Sergio Marchionne, affiche ses ambitions pour le groupe, qui entend rapidement passer de 4 à 6 millions de véhicules produits par an.

Le groupe aura « un nouveau nom » et pourrait être coté à New York ou à Hong Kong, a-t-il déclaré. « Nous irons là où se trouve l'argent », autrement dit pas en Europe où Fiat est actuellement coté (Chrysler ayant quitté la Bourse de New York lors de sa fusion avec Daimler en 1998). « Nous sommes là, prêts à repartir mais nous avons besoin de fonds pour financer la relance, a expliqué M. Marchionne.

Après avoir frôlé la faillite en 2008, Chrysler bénéficie aujourd’hui du rebond du marché automobile américain et du renouvellement en profondeur de sa gamme (Dodge, Jeep, Ram). A tel point que c’est lui qui assure aujourd’hui les bénéfices du groupe (1,4 milliard d’euros en 2012) alors que Fiat perd de l’argent (environ 1 milliard en 2012). «Ni Fiat ni Chrysler n’auraient pu survivre tout seul, sans la fusion. Seule une intégration peut produire les économies d’échelle pour produire au moins 6 millions de véhicules par an», a récemment rappelé Sergio Marchionne.

Après avoir menacé de tailler dans les effectifs du groupe en Italie, le bouillonnant patron estime que la fusion permettra de redonner du travail aux salariés de la péninsule dont beaucoup travaillent actuellement dans un régime d'horaires allégés. Il n'est plus question, comme cela était encore évoqué il y a quelques mois, de fermer d’usines. Quant au choix du siège du futur groupe, il dépendra du lieu de cotation, mais il s'agit de toute façon d'une question « purement symbolique et émotive », a-t-il estimé. Pas sûr que ce symbole soit sans importance pour les salariés dans la période délicate que traverse le constructeur.

Vers 11h30, le titre Fiat avance de 0,4% en ligne avec l’indice de la Bourse de Milan.