Les petits actionnaires donnent de la voix face au projet d’augmentation de capital de PSA. Dans une lettre adressée au conseil de surveillance publiée hier par Les Echos, la présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), Colette Neuville, exprime plusieurs réserves sur ce projet.

Selon elle, on peut « s'interroger sur le bien-fondé du schéma capitalistique envisagé qui donnerait le pouvoir - à hauteur de près de la moitié du capital - à trois actionnaires en possible désaccord », à savoir l’Etat français, le constructeur chinois Dongfeng et la famille Peugeot (chacun détiendrait 14% du capital à l’issue de l’opération). Par ailleurs, « la participation importante de l'Etat dans le capital risque d'écarter de la société un certain nombre d'investisseurs, ainsi que de rendre plus difficiles les alliances avec d'autres constructeurs, pourtant nécessaires pour que l'entreprise atteigne une taille adéquate », estime l’Adam.

Les fonds dont PSA a besoin – 3 milliards d’euros – peuvent être directement levés sur le marché « dès lors que des banques sont effectivement prêtes à en garantir le succès à la hauteur nécessaire », affirme Colette Neuville. C’est aussi l’avis de Thierry Peugeot, le président du conseil de surveillance de PSA, qui a réaffirmé la semaine dernière dans une lettre son opposition au projet pourtant soutenu par le reste du conseil. « Les actionnaires et le marché seraient aujourd'hui en mesure d'accompagner pleinement l'augmentation de capital dont le groupe a besoin », écrivait-il.  D'après Les Echos la banque JP Morgan- mandatée par le conseil de surveillance de PSA- serait prête à garantir la totalité de l'augmentation de capital. Ce schéma permettrait à la famille Peugeot de garder le contrôle du groupe. C’est à l’assemblée générale des actionnaires qu’il reviendra de trancher.

Vers 16h50, le titre Peugeot cède 2,6% sur un marché parisien quasi stable.